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vendredi 18 avril 2025

Prosper le polichinelle

C'était l'animateur des bals d'enfants de la bonne société dunkerquoise au tournant du XXe siècle.

collection personnelle
 
[…] Le père Prosper que j’ai rencontré, il y a quelques années, sur les grands boulevards, lors d’un passage à Paris, était à cette époque artiste à la Comédie Française ; c’est lui qui, en culotte courte et en livrée, apportait sur un plateau, la lettre de la marquise. Le brave homme portait à la boutonnière un ruban d’officier d’académie large comme une jarretière de mariée. Il a quitté, m’a-t-on dit, le théâtre et est quelque part, aux environs de Paris, à Bécon les Bruyères, je crois, conseiller municipal. Tous ceux qu’il a appris à danser, non le fox-trot, ni le shimmy, fantaisies inconnues de son temps, sont aujourd’hui pour la plupart de graves personnages qui ne doivent tout de même pas avoir oublié le rutilant polichinelle du Kursaal, et aussi Pladys, artiste et directeur d’un théâtre subventionné à Malo.
Jean des Darses (Charles BOLVIN 1867-1923) dans le Nord Maritime du 19 mai 1922. C'est Ch. Bolvin qui a fait la photo de Prosper en Polichinelle publiée en carte postale.
 
collection privée
 
Je n'ai pas de certitude sur l'identité de Prosper. Voici le résultat de mes recherches.
Relevé chronologique des mentions des activités de Prosper le Polichinelle
- 1885 : première mention sur l'affiche de la saison juillet à septembre du Kursaal de Dunkerque
- 1886 : membre de la troupe du Kursaal comme "utilités"
- 1888 : comique grime de la troupe du Kursaal
- 1891 : comique marqué de la troupe du Kursaal, direction M. Cholet
- 1892 : Kursaal de Dunkerque, bal d'enfants sous la direction de M. Andréani, professeur de danse du Casino de Nice, avec le concours de M. Prosper, original Polichinelle
- 1898 : Kursaal de Dunkerque, grand bal d'enfants avec le concours de Polichinelle (Prosper).
- 1899 : Kursaal de Dunkerque, bal d'enfants avec le concours de Polichinelle
- 1905 : Kursaal de Dunkerque, matinée donnée au profit de Messieurs et Dames du chœur et de Polichinelle  (l'ami Prosper).
- 1907 : Au parc de la Marine à Dunkerque, bal d'enfants avec farandole conduite par le bon Prosper, le sémillant polichinelle du Kursaal
- 1910 : membre de la troupe du Kursaal, chargé de la publicité et 3e comique
- 1911 : membre de la troupe du Kursaal, chargé de la publicité et comique de vaudeville de la troupe du Kursaal
- 1911 : Jardin colonial du Bois de Vincennes, fête avec ronde enfantine conduites par Polichinelle Prosper artiste du Théâtre des Nouveautés 
- 1913 : membre de la troupe du Kursaal
- 1914 : Vanves - Lycée Michelet, fête du cinquantenaire - A noter dans le parc le bal d'enfants conduit par Polichinelle (Prosper) et le théâtre de Guignol
C'est la dernière mention relevée.
sources : Le Petit Dunkerquois, Dunkerque Artiste, La France Théâtrale, Le Mémorial Artésien, L'Entente Cordiale, Le Grand Echo du Nord, Le COurrier Populaire de Dunkerque, Dunkerque Sport, La Presse, Cœmédia et Le Nord Maritime.
 
J'ai cherché un Prosper ayant habité Bécon les Bruyères, je n'en ai trouvé qu'un dont les dates de naissance et décès pouvaient coller au personnage : Prosper Aimé MAUBERT. Il est né à Paris 6e le 8 février 1847, ses parents n'étaient pas mariés, ils ont reconnu leur enfant 3 mois plus tard.  La mère, Marie Philiberte Zoé est décédée à Paris en 1889, et le père probable est mort en Allemagne quelques années plus tôt en 1886 à Wiesbaden. Sur son acte de mariage, en 1881, Prosper se dit employé. Il épouse une ouvrière en dentelles, Jeanne OLLIER, née à Orléans, qui décèdera à Paris en 1921. En 1911, il est décoré de la médaille d'honneur du travail, il est alors inspecteur de la Cie d'assurances contre l'incendie La France. Prosper meurt à Courbevoie le 5 octobre 1927, à Bécon les Bruyères, précise même la table des Successions de Courbevoie.
 

Je n'ai pas trouvé de mention d'activité d'artiste associé à son nom dans les actes d'état civil, mais… il a été nommé officier d'académie en 1890, comme professeur de dessin industriel à l'association Philotechnique de Neuilly à Courbevoie et également officier de l'instruction publique au même titre. Ce qui concorde avec le témoignage de Jean des Darses, c'est peu, mais j'ai un indice supplémentaire, il était domicilié 28 puis 32 rue de Bécon à Courbevoie, Bécon les Bruyères étant un quartier de Courbevoie. J'ai contacté la mairie de Courbevoie pour leur demander s'il y avait eu un Prosper parmi les anciens conseillers municipaux, sans résultat. Il a bien réussi à cacher son identité véritable.
 
Christian Declerck 18 avril 2025
 
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Le Kursaal de Dunkerque, acheté à ville d'Ostende en 1878, démonté en 1935
 

une salle qui pouvait servir pour un cours de danse

la scène est prête pour l'orchestre vers 1910

prête pour le bal, autre configuration avant 1900

 
Polichinelle est devenu le géant du Carnaval de Malo-les-Bains dès 1907, puis encore dans les années 1920
 
 
1907
 
1924


 

jeudi 3 avril 2025

Radiographie du bal (Série audio)

mis en ligne le 4/3/2025
mise à jour le 3/4/2025 


Nouvelle série par Péroline Barbet – M*Ondes audio : Radiographie du bal – une série documentaire audio sur le bal trad. Quand la danse se donne à entendre.

Une série pour donner le goût du bal et comprendre la danse.
De quoi parle-t-on quand on dit « bal » ? Le bal trad, ce phénomène longtemps passé hors des radars, existe pourtant depuis les années la fin des années 60 et connait actuellement un regain d’intérêt.

En France et en Europe, ses formes sont très diverses, preuve de son dynamisme. Alors, revenons sur l’histoire, les évolutions et les controverses qui animent ce milieu. Entre fidélité aux sources et désir de création, préoccupations musicales et utopies sociétales, désir de convivialité et recherche du beau geste; tirons les fils cachés du bal. Comme une « petite radiographie du bal » en somme, qui mêle musiques, témoignages de danseurs, de musiciens et de chercheurs.

épisode 1 : L'expérience du Bal

épisode 2 : Les strates du bal

lundi 31 mars 2025

Tranquille FERAY, maître de danse

 La Bibliothèque de Boulogne sur Mer conserve un petit livret pour la danse, intitulé : Le Guide des Danseurs, ou Recueil contenant l'explication de 12 contre-danses nouvelles, offert par Tr. FERAY, aux amateurs de l'art chorégraphique qui habitent la ville de Boulogne. Prix 2 francs, imprimerie de Le Roy-Berger à Boulogne, 1817. Ce recueil a été exhumé par Marie Christine et Patrick Bollier dans le cadre de leurs recherches sur la pratique de la danse de salon à Boulogne sur Mer, qui doivent déboucher sur une publication qu'on espère prochaine.

 
Les danses portent toutes comme titre un patronyme anglais : miss Homfray, miss Heatly, miss Emmett, miss Bucley, miss Llhyd, miss Russell, miss Hartman, miss Larking, miss Dawson, miss Whitelocke, miss Lovelace, le seul titre français est “Les plaisirs anglais (pas de la Béarnaise)”, hélas il n’y a pas de musique.

    Pierre Jean Tranquille FERAY est né à Saint Romain de Colbosc (Seine Maritime) le 18 février 1778, fils de Pierre louis, horloger, (1745-1812) et Anne Rose TOCQUEVILLE (1750-1823). Il épouse à Boulogne sur Mer le 5 août 1812 Elisabeth JEANSON, fripière, née à Oranjestad (Caraïbes) le 3 mai 1774, elle meurt à Boulogne le 11 février 1843, survivant de 6 années à son époux décédé le 16 janvier 1837 à l'hospice de la ville.

Tranquille Feray est témoin au mariage de Charles Alexandre PERIN, professeur de grammaire, le 23 avril 1817, fils de Charles Joseph, instituteur de danse et frère de Charles François, maître de danse, à l'origine de la nombreuse famille des PERIN professeurs de danse à Boulogne sur Mer puis à Paris.

Il est également témoin à la naissance de Rose Eliza WOISLIN le 16 février 1824, fille de Jean Baptiste, musicien, professeur de musique (actif entre 1822-1829), lui même fils d'Antoine, cabaretier et musicien, lui même fils de Jean Baptiste ménétrier et cabaretier né en 1741.


vendredi 21 juillet 2023

Charles Narrey, 1818-1892


Il n'est pas professeur de danse, mais sans doute danseur passionné. Il était homme de lettres, auteur dramatique et directeur adjoint des Théâtres de L'Odéon et de l'Opéra.

Il a publié entre autres, deux petits livres qui méritent une place sur ce blog : 

• Les Polkeuses, poème étique sur les célébrités de la polka, par Nick Polkmall (1844). S'il ne signe pas de son nom, il comporte au début cette petite phrase "Honni soit qui mal y polke, Ch. Narrey" qui ne laisse pas de doute sur sa participation.

source


• Ce que l'on dit pendant une contredanse, par Charles Narrey (1863)

source







Les 5 figures du quadrilles
pantalon, été, poule, pastourelle et galop
gravures extraites du livre

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Bergues a donné le jour à un auteur dramatique, Charles Narrey, qui eut son heure de gloire à Paris, au siècle dernier, et qui marqua avec un certain éclat son passage sur deux de nos principales scènes françaises: l'Odéon et l'Opéra.

Né à Bergues, le 10 Août 1818, Charles Narrey était le fils d'un Officier de la Grande Armée. Il débuta dans les lettres en 1847 par un roman intitulé : « Deux heures de mystère » que suivirent successivement : « A l'hôtel Chantereine », « Les amours faciles, " L'Education d'Achille», « Albert Durer à Venise et dans les Pays-Bas », et quantité d'autres œuvres où l'humour s'unit à l'esprit.

Chacun de ses livres fut accueilli par la critique avec une faveur marquée. L'auteur avait de l'esprit et son style abondant et clair était vivement goûté.

Il a écrit pour divers théâtres, outre cette fine et spirituelle comédie : « Comme elles sont toutes », un certain nombre de pièces, entr'autres : « Le passé et l'avenir » en un acte; « Les Notables de l'endroit », en trois actes, représentés à l'Odéon en 1847 ; « Van Dyck à Londres », « La Dame de Trèfle », « Les Fantaisies de Milord », « Le Moulin ténébreux », opéracomique en un acte (1870) ; « Les marionnettes de Justin », comédie en deux actes (1873).

Il donna encore avec succès, aux Variétés : « Les tribulations d'une actrice », en collaboration avec Michel, en 1857, et l'année suivante, « Feue Brigitte » avec Lemonnier; puis, « Trottman le touriste », pièce en trois actes, avec Lopez (12 Novembre 1860) ; « La Bohême d'Argent », avec T. de Langeac, cinq actes (1862) et « Le Capitaine Amadis », comédie en un acte (1865). Les derniers jeunes gens (1868) ; Le Temple du Célibat (1870): Le Bal du Diable (1874) ; Ce que peut l'amour (1878) ; La Dame aux griffes roses (1879). Albert Bril (BUF 1930)

la suite ICI



Ses œuvres à la BNF qui le fait naître en 1825, et mourir en 1895


Il est bien né à Bergues le 10 août 1818, au Marché aux Pommes, fils de Pierre François Thomas, capitaine du 5e régiment de lancier d'Angoulême, né à Dunkerque en 1777, sa mère Anne Thérèse BON est née à Bergues en 1787. Son décès est enregistré le 26 novembre 1892, 29 rue Clauzel, Paris 9e, il est inhumé le 29 dans une tombe provisoire, son cercueil est transféré le 27 novembre 1895, d'où sans doute l'erreur de la BNF.


mardi 6 septembre 2022

Le tango au milieu du XIXe siècle ?

mise en ligne le 7/1/2009
mise à jour le 6/9/2022

Le tango argentin a été introduit en France quelques années avant le début de la Première Guerre Mondiale. Mais j'ai trouvé deux mentions de ce mot concernant une danse autour des années 1860. - Dans le "Journal de l'imprimerie et de l'édition" de 1860 (ci-contre) - et dans "Les Cythères Parisiennes" histoire anecdotique des bals de Paris par Alfred Delvau, Paris, 1856 (réédition de Marcel Valtat, Paris, 1979) Au chapitre "La salle Markowski": "En 1848, il [Markowski] obtint la direction des bals d'Enghien et trouva le moyen de s'enrichir un peu là où tant d'autres se seraient beaucoup ruinés [...]. Il fallut reprendre la pochette et courir de nouveau le cachet à pied. Tout en courant ainsi, la pochette sous le bras, Markowski composait : aujourd'hui c'était la scottish, demain la mazurka, un autre jour la friska, un autre jour la lisbonnienne, un autre le tango, un autre jour l'impériale, — danses qui devaient bientôt avoir les honneurs du théâtre, puisque bientôt la friska était exécutée aux Variétés par mesdemoiselles Daudouard et Alphonsine, et la scottish aux Folies-Dramatiques par Céleste Mogador et Christian." page 89

Complément : sur la musique de B.-T. Missler


L'Univers Musical du 1er janvier 1853

lundi 11 janvier 2016

Edouard KEVERS, compositeur, professeur de danse et de maintien


collection personnelle
Principalement connu pour être l'auteur de la danse L’Ostendaise, qu’il a composée vers 1860 pour les bals d’enfants du casino d’Ostende, Edouard Auguste Pierre KEVERS est né à Ostende le 7 mai 1810*, de Philippe Jacques, perruquier, et Thérèse Constance JACQUYMIS. Lors de son premier mariage, à Bruxelles en 1839 avec Anne ANDRIES, on apprend que le père d’Edouard est devenu maître de danse à Bruges. Un des frères d’Edouard, Philippe Jacques, dit aussi Philippe Bernard, est professeur de danse, comme nous l’indique son acte de mariage en 1834, à Bruges avec Sophie HALVOET.
A cette époque, le jeune Edouard est professeur de musique à Bruxelles, domicilié rue de la Putterie. En 1840 un annuaire le mentionne 28 rue de Laeken.

En 1846 “M. Kevers, professeur de maintien et chef d’orchestre, qui a dirigé cet hiver un grand nombre des principales soirées de la capitale, avait dédié à Mme la princesse de Chimay plusieurs morceaux de sa composition, exécutés à la fête donnée dernièrement à l’Hôtel de Chimay. Mme la princesse lui a fait remettre une épingle de prix, à laquelle était joint un billet de sa main, des plus flatteurs pour l’artiste auquel il est adressé”.

Collection particulière

On voit que le musicien avait le sens de la publicité, comme le confirment les nombreuses cartes de visite, appelées carte porcelaine, que l’on peut encore trouver de nos jours, et qui ont certainement été distribuées massivement dans la capitale, avec une adresse, 5 rue des Paroissiens, que je n’ai pas encore réussi à dater, mais certainement antérieure à 1851, année de son arrivée au 8 de la rue du Parchemin, où il ouvrira la salle qui sera un lieu important de diffusion de la musique et de la danse à Bruxelles dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1857, dans un entrefilet paru dans le Journal de Bruxelles, on connait mieux la valeur des cadeaux reçus par le musicien en récompense de ses services : Mme la princesse de Chimay vient d’envoyer à M. Kevers une magnifique épingle en rubis et diamant. Ce cadeau est un témoignage de satisfaction que Mme la princesse a accordé à l’habile professeur pour le talent avec lequel il a dirigé sa soirée musicale du 19 février. En 1859 c’est chez le comte de Liedekerke qu’il dirige l’orchestre de la soirée dansante. Edouard Kevers continue donc d’être au service des aristocrates belges, ce qui l’aidera certainement à devenir le directeur des bals du Casino d’Ostende.



collection personnelle




l'Ostendaise à 18'05""


C’est dans le Journal de l'Imprimerie de 1864 que j'ai trouvé la première mention de la publication de l’Ostendaise, nouvelle danse dédiée aux enfants, d’abord éditée à compte d’auteur, à son adresse 8 rue du Parchemin, elle le sera ensuite par J. B. Katto, Galerie du Roi, 10, à Bruxelles, avec une version intitulée Ostendaise figurée. Mais ce musicien n’était pas, on l’a vu plus haut, à sa première composition. Il avait déjà fait éditer à Bruxelles en 1856 : Les Cloches de Noël, redowa, et Serain-Champs, polka-mazurka, chez MEERENS, ainsi que La Cloche de Mariakerke, polka-mazurka, chez J. B. KATTO en 1863. L’Ostendaise sera dansée tout au long du XIXe siècle et deviendra même un genre très prisé dans les salons belges et français. Je possède deux partitions inspirées du même sujet : La Flamande, de F. BOISSON, éditée à Paris chez Margueritat et L’Elégante Ostendaise, de L. DEMORTREUX, éditée chez Emile Benoit à Paris, il en existe sans doute d’autres, comme celle de Savin Balonchard.


collection personnelle

 Gallica

Eugène GIRAUDET, dans son Traité de la Danse, cite d'autres danses composées par E. Kevers et éditées chez Katto ou Schott : La Colonne-Mazurka, danse Espagnole, La Bruxelloise et l'Ostendaise Valsée.

La presse se fait écho des manifestations organisées dans la salle désormais appelée salle Kevers, par exemple, en 1880, la première séance de musique de chambre donnée par le quatuor du Conservatoire, expérience renouvelée en 1882 auquel s’ajoute les artistes M. et Mme Blauwaert-Staps et M. Jokish. En 1883 s’y produit un jeune pianiste prodige de 13 ans, M. Hubert Flohr, avec au même programme M. Agniez, baryton, et M. de Pettyko, violoniste que l’on retrouve la même année dans un autre concert avec la cantatrice italienne Mme Gaetanina Friggeri.
En mai 1891 le Journal de Bruxelles annonce le décès de M. Kevers Une physionomie très connue par tout Bruxelles, et on peut dire même dans toute la Belgique : il avait initié trois générations aux mystères de la danse noble […] Il n’avait pas tardé de venir s’établir à Bruxelles et il s’était installé, dès 1851, dans la maison de la rue du Parchemin où se trouve, accotée à un jardin minuscule, cette fameuse “salle Kevers”, abri successif des conférenciers, des musiciens, des réunions dansantes, politiques ou prédicantes [sic]. Karl Lustner nous précise, dans sa liste des musiciens morts en 1891, qu’Edouard Kevers est décédé le 15 mai.


La Saison d'Ostende
23 août 1898
De son second mariage, vers 1851, avec Anne NAGELS, nait un fils, Adolphe Edouard André, en 1853. Des amis chercheurs, Marie-Christine et Patrick Bollier, m’ont signalé la présence de M. et Mme Vandermeerschen-Kevers, directeurs des bals du Kursaal d’Ostende au début du XXe siècle. C'est la fille d’Edouard, Mélanie, née d'un "troisième lit". Lors du mariage, en 1873, le couple reconnait leur fille née en 1860, la mère, Marie GAUDEUS était alors la servante du professeur de danse. En 1878 Mélanie KEVERS anime avec son père, un bal pour enfant au Kursaal d'Ostende. En 1891, avec son mari, Gustave VANDERMEERSCHEN, ils reprendront la succession de M. DURIEZ, le professeur de danse du Casino et du Kursaal.
La Revue et Gazette Musicale de Paris nous signale qu'une demoiselle Kevers, dont on ignore le prénom, jeune et jolie personne, qui a de l'intelligence et un sentiment fin et délicat a obenu un second [prix de chant] au Conservatoire de Bruxelles en 1844 et un premier prix en 1845. La recherche continue.


Christian Declerck

* et non le 18 mai 1809 comme l'a repris Flavie Roquet dans le Lexicon Vlaamse componisten geboren na 1800, publié en 2007.

Sources principales : état civil d’Ostende, Bruges et Bruxelles ; les journaux: la Saison d'Ostende, l'Echo d'Ostende et le Journal de Bruxelles