vendredi 22 mai 2026

Markowski, aussi, avait un prénom

mise en ligne le 6/9/2022
mise à jour le 22/5/2026 : ajout d'un dernier épisode à sa biographie 
 
 Aussi célèbre que Henri Cellarius et Bernard Laborde, ce professeur de danse a marqué son époque. A sa mort, quelques entrefilets dans la presse, sauf dans le Figaro qui publie une nécrologie à la Une.

Source

COURRIER DE PARIS. 
Mon confrère du Courrier des théâtres a enterré hier, en trois lignes, un Polonais qui depuis dix ans tenait dans quelques bastringues, champêtres l'emploi de glorieux débris, mais qui eut son heure de célébrité dans Paris. Ce décès n'est pas précisément un deuil national, mais le défunt Markowski mérite mieux que trois lignes à la fin de notre journal. En intervertissant l'ordre de la troisième et de la quatrième lettre de son nom, Paris avait, aux environs de 1860, donné à Markowski un sobriquet qui lui est resté jusqu'à la fin. Non que le professeur de danse fût un malhonnête homme, mais comme son métier consistait à lancer de petites femmes dans la circulation en conviant à ses soirées la fleur de la gomme pour faire vis-à-vis à ces inconnues, le sobriquet n'avait rien d'exagéré et ne pouvait en aucun cas porter atteinte au caractère de ce Polonais. Au fond ce fut un ambitieux, affolé de célébrité, et l'établissement qu'il tenait, il y a quelque vingt ans au fond d'une allée de la rue Buffault, peut être considéré comme la dernière étape de la Bohême artistique, qui a disparu de nos mœurs à ce point que la reprise d'hier de la pièce de Barrière et Thiboust, semble être le tableau d'un autre siècle.

Le cours de danse que Markowski tenait rue Buffault* et dont l'année 1860 fut l'apothéose est la dernière étape de la vie de bohème ; la plupart des hommes qui tiennent aujourd'hui une place dans la littérature, la politique ou les arts, ont jeté leur gourme dans les salons de Markowski. Le Polonais surgit un beau matin sur le pavé de Paris, sans qu'on sût au juste d'où il nous était arrivé ; il avait fait le voyage de la Vistule à la Seine, suivant la grande route, le sac sur le dos, un puissant bâton à la main, vivant de temps en temps dans quelque grande ville de son métier de relieur. Un soir, dans un caboulot de barrière, il exécuta une danse nationale polonaise et son succès fut tel qu'il flaira là tout de suite une source de prospérité. Il s'établit professeur de polka et de mazurka et vint, peu 
à peu, exploiter, son art au cœur de Paris, comme les garçons de café qui partent de chez un mannezingue [marchand de vins] de la barrière et finissent propriétaires d’un café richement doré sur les boulevards. Quand Markowski ouvrit son entreprise rue Buffault ; ce fut comme une traînée de poudre parmi les jeunes d'alors qui ne passaient pas, leurs soirées à tirer une petite dans les cercles et ne demandaient qu'à s'amuser. C'est le jeu qui a tué la jeunesse parisienne, qui ne sait plus rire parce que d'un bout à l'autre de l'année elle court après les louis qu'elle a perdus la veille ou les louis qu'il lui faut pour se refaire le lendemain. Le tripot a remplacé le bastringue.
Les salons de Markowski avec sa fontaine d'eau de Cologne qu'un fabricant alimentait pour se faire de la réclame, ont été le berceau d'une génération de cascadeuses dont l'espèce a disparu ; elles s'amusaient réellement sans le moindre souci du riche étranger, et elles s'accommodaient parfaitement d'une tranche de jambonneau pour tout souper ; c'étaient des bohèmes, elles aussi de temps en temps j'en retrouve une dans les ballets de féerie, qui, après avoir gaspillé sa jeunesse, gagne ses soixante-quinze centimes par soirée à remplir un rôle de sirène au fond d'un aquarium. Quelques-unes ont disparu, comme cette fameuse Rigolboche qui éleva l'art du grand écart à la hauteur, d'un événement parisien ; Finette qui eut des années de vogue, ou Nini Belles-Dents, dont l'histoire n'a pas gardé le souvenir, l’ingrate. Beaucoup d'autres, parmi les cascadeuses de chez Markowski ont traversé les petits théâtres; elles jouent maintenant les Mère Thierret en province ; deux ou rois ont redoré les blasons de gentils-hommes décavés. Ce qui faisait surtout que les salons de Markowski étaient recherchés par toutes les jolies femmes du temps, c'est que la clientèle de vaudevillistes, de journalistes et d'acteurs, qui tous avaient leurs entrées gratuites, pouvaient servir de trait d'union entre les cascadeuses et les directeurs ; les hommes ne payaient pas, les femmes dansaient gratis ; le café faisait crédit ; on avait son ardoise au café de Markowski, je sais un homme, fort bien posé aujourd'hui dans son département, qui dut jusqu'à quinze cents francs au buffet et qui, comme le Rodolphe de la Vie de Bohême, répondit au garçon qui lui présenta sa note :
— Que me parlez-vous d'argent ? Est-ce que je vous en demande, moi ? 
De temps en temps, on voyait surgir dans les salons quelques touristes étrangers, conduits par un guide d'hôtel. Markowski les montrait comme des objets de haute curiosité à ses habitués, en disant avec satisfaction : « Ils ont payé ! Bonne soirée ; mes salons sont combles ; la recette monte à trente francs. Je vous invite à souper ». Markowski, et ceci doit être compté à son actif, n'était pas un homme d'argent ce fut le pire des bohèmes de son établissement, vivant au jour le jour, criblé de protêts, d'assignations, de significations de jugement, de commendements et d'affiches de vente est homme là vivait pour la gloire. Quand, vers deux heures du matin ; il exécutait, aux applaudissements de sa clientèle, la Priska, danse de son invention et dont il prétendait avoir composé la musique, rien ne manquait à sa satisfaction. Hardiment et avec cette insouciance du bohème il offrit un jour à un huissier, venu pour réclamer le paiement d'un billet de cinquante francs, vingt cachets pour ses leçons de mazurka ; chaque semaine il avait son mot dans les échos d'un petit journal ; c'était là-dessus qu'il basait sa vie pour avoir une vieillesse tranquille. En un mot, ce Polonais fut tout à fait quelqu'un dans la vie parisienne. Quelques vaudevillistes consentaient à le tutoyer, ce qui était pour Markowski le dernier mot de la popularité. Des petits journaux, Markowski s'élança par une belle soirée d'hiver sur le théâtre. Blum et Flan lui consacrèrent tout un tableau dans l'Almanach comique, une des plus jolies pièces de cette collaboration si vraiment jeune et parisienne. Sous le pseudonyme de Machinski, l'illustre Polonais fut copié par un acteur qui, sur l'air du Naufrage de Lapeyrouse, chantait chaque soir ce couplet dont toute la salle répétait le refrain :

De mes salons mauresques 
Vous êtes, chers petits cœurs,
Les fleurs
Vous êtes les arabesques, 
Vous êtes les ornements 
Charmants. 
Où la vie est-ell'belle ?
Chez qui fait-on un bail? 
Où l'Eau d'Cologn'tient-elle 
Lieu de pastill's du sérail ? 
Chez qui ? 
Chez Machinski ! (bis)
Gais danseurs, 
Gais noceurs, 
Qu'on se place 
Qu'chaque couple s'enlace
Sans retard 
Prenons part, 
A ce bal chicocandard.

Et ici, toute la salle entonnait ce refrain que tout Paris répéta ensuite depuis la Barrière du Trône jusqu'à l'Arc-de-Triomphe 

A ce bal chic, chic, chic, chic, chic,
A ce bal chicocandard !

Quelle belle poésie, n'est-il pas vrai ? Eh bien, j'étonnerais bien mes lecteurs en imprimant les noms de ceux qui répétaient ce refrain ; en récapitulant tous ces noms j'y découvre aujourd'hui un conseiller de Cour d'appel, un académicien, deux ou trois directeurs de journaux politiques, un général de cavalerie, des auteurs dramatiques et des romanciers en renom, toute la jeunesse turbulente du temps qui poussa comme le dernier cri de la gaieté parisienne, disparue de notre civilisation.

*
**

Ce n'est jamais sans hésitation que j'aborde le chapitre des souvenirs de jeunesse. On risque de passer pour une vieille bête en remontant l'histoire parisienne pour rapporter de cette promenade des points de comparaison entre les temps disparus et l'époque présente. Mais il est une chose certaine, à savoir que si le Parisien a toujours beaucoup d'esprit, il a certes moins de gaieté qu'autrefois. Les jeunes gens entrent aujourd'hui dans la vie avec des appétits que leurs aînés ne connaissaient pas il n'y a plus de bohème proprement dite, cette joyeuse bohème qui, sans un sou dans ses poches, dansait chez Markowski et répétait en chœur les refrains des Délassements-Comiques. A vingt ans, nos jeunes gens endossent l'habit noir et vont au théâtre pour être vus. Il leur faut beaucoup trop d'argent pour qu'ils conservent l'insouciance de leur âge. La femme est devenue un objet de luxe sur le pavé de Paris et d'un prix tel qu'on a recours aux ressources du jeu pour équilibrer son budget. Les soirées sont attristées par les cuites que nos jeunes gens vont chercher avant le dîner dans les tripots, ou par l'impatience d'aller tirer à cinq après la sortie du spectacle. De là cette jeunesse inquiète, ennuyée et ennuyeuse, préoccupée surtout de la correction du plastron. Tout cela s'est encore compliqué de la politique, qui a envahi les jeunes cervelles et nous donne cette génération de Prudhommes de vingt ans qui tirent à cinq, jouent à la Bourse ou ambitionnent une sous-préfecture. Rien de pareil n'existait à Paris au temps où florissait Markowski, rue Buffault la vie toute simple, le désir de rire et de s'amuser dans les prix doux, emplissait tous les jeunes cerveaux ; la fusion n'était pas faite entre ceux qu'on appelait les petits crevés et les petits-bourgeois chaque peintre ne rêvait pas son hôtel avenue de Villiers ; chaque reporter ne demandait pas à gagner ses trente mille francs par an comme entrée de jeu ; chaque lit de boutiquier ne se croyait pas obligé de payer trois cents francs son avant-scène aux premières on traversait la jeunesse sans arrière-pensée d argent, s'en fiant pour le reste aux années qui atténuaient l'exubérance des jeunes gens. C'est chez le Polonais de la rue Buffault que la jeunesse a eu son dernier accès de véritable gaieté parisienne.

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Le Polonais danseur marque donc une étape de la vie parisienne. Si, à la vérité, la profession qu'il exerçait ne peut pas être citée comme un exemple à la jeunesse studieuse, il faut dire, pour l'honneur de la Pologne, que l'ouvrier relieur qu'elle nous avait expédié, et qui devint à Paris une véritable célébrité boulevardière, ne tira pas grand profit de son industrie. Sans doute, c'est quelque chose d'inventer la Friska et la Markowska, d'enseigner à de petites femmes de lever la jambe bien au-dessus du niveau ordinaire que les professeurs enseignent dans les pensionnats aux petites demoiselles, mais ce n'est pas tout. Il y a le quart d'heure de Rabelais où le propriétaire et les fournisseurs arrivent suivis de nombreux huissiers. Ce fut pendant un temps une véritable chasse au Polonais parmi les recors [sic] de Paris. Mais ce diable d'homme était insaisissable, il disparaissait avant le jour naissant et ne rentrait dans la circulation qu'après le coucher du soleil, c'est-à-dire aux heures où le garde de commerce désarme par la loi. C'est alors que Markowski s'acheminait vers la rue Buffault, allumait le gaz, recevait des invités et empochait les rares pièces de cent sous que lui apportaient les étrangers. Ah les étrangers avec quel empressement Markowski les accueillit. Et quand, par hasard, un Polonais honorait son cours de danse de sa présence, quelle gloire et quel orgueil ! C'est qu'à travers la célébrité parisienne, Markowski avait conservé l'idéal de sa patrie en même temps que son accent. Etre quelqu'un sur le pavé de Paris, c'était bien quelque chose ; mais devenir célèbre sur les bords de la Vistule, quel rêve ! Un Polonais vint, un soir, escorté de deux autres touristes, dont un Russe et un Anglais. Markowski, ivre de joie, jura que ce Polonais était le plus beau jour de sa vie ; il tomba dans ses bras et les deux compatriotes restèrent quelque temps sur la poitrine l'un de l'autre. Markowski offrit du champagne avec les quinze francs qu'il avait encaissés, quoique ses salons fussent bondés par la clientèle gratis. Rigolboche, aux Mémoires de laquelle j'emprunte cette page d'histoire internationale, Finette, Nini Belles-Dents, la belle Hortense, Markowski, le Polonais, le Russe et l'Anglais, quel double quatuor admirable ! Le jour naissant les trouva ainsi autour de la table. Il fallait se séparer. Markowski quitta ses salons au bras du Polonais ; quand ils furent dans la rue, le Polonais dit à Markowski : — Enfin ! je vous tiens ! Le Russe et l'Anglais prirent chacun Markowski par un bras ; on hissa le professeur de danse dans un fiacre crasseux ; le garde de commerce et ses deux aides conduisirent Markowski à Clichy.

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Combien de temps resta-t-il sous les verrous ? Je ne saurais le dire au juste. Un jour les créanciers se lassèrent de payer la pension et les portes de Clichy s'ouvrirent devant ce Sylvio Pellico de la mazourka. Ce fut le commencement de la débâcle : il sortit de Clichy en habit noir et cravaté de blanc, c'est-à-dire en tenue de professeur de danse comme il y était entré l’habit était râpé, la cravate sale, le crâne dénudé par une longue captivité ; la joyeuse troupe de la rue Buffault était dispersée, et quand Markowski essaya de reconstituer son personnel, il n'y avait plus personne. A un moment de gloire suivirent de longues années de détresse le Polonais était démodé on ne dansait plus la Friska : les jeunes gens de la rue Buffault avaient embrassé des carrières plus lucratives que celle de noceur. Les Délassements avaient été démolis ; Flan était éteint et Blum était occupé ailleurs. Parfois le soir, je rencontrais Markowski devant un petit café, chantonnant : A ce bal chic, chic, chic, chic, chic ; mais nul ne se souvenait plus du refrain, qui marque l'apothéose de ce Polonais ; il ouvrit alors un cours de danse au passage de l'Opéra, et quand on montait une revue de fin d'année dans un petit théâtre, aussitôt Markowski accourait et disait : — Si vous avez besoin de petites femmes, j'en ai ! Les nouvelles couches l'ont vu à la foire de Saint-Cloud, au bal des canotiers et dans le bastringue qu'il avait ouvert à Bougival sur un ponton ; Markowski dansait toujours la Friska, mais il suait la misère et quand il gigotait dans un quadrille, sans l'élasticité de ses jeunes années, avec des cheveux maintenant blancs et son teint ravagé par les alcools, on n'avait plus envie de rire, car rien n'est plus attristant que les vieux bohèmes. De tous ceux qui avaient jadis embelli ses salons, un seul resta fidèle à Markowski dans la détresse ; ce fut un vieux déclassé qui traîne ses soixante-dix ans peu respectés dans tous les mauvais lieux, un objet de pitié et de dégoût pour ceux qui l'ont connu autrefois. C'est ainsi que finit avant-hier le Polonais le plus célèbre en France, depuis Poniatowski ; il est mort misérable après avoir tout fait pour passer pour un homme qui vit sur la prostitution. Aucune de celles qu'il a lancées dans ses nombreux cours ne l'a accompagné à sa dernière demeure. On aurait voulu que quelque vieille cascadeuse, jadis pimpante, maintenant dans la dèche, fût, vêtue d'un vieux tartan, devant cette tombe pour saluer l'illustre défunt une dernière fois par ces mots partis du cœur : — Adieu Markowski, adieu !


Le 15, le Courrier des Théâtres en fait sa Une également
et le même jour le Petit Parisien, aussi

+ Le tango de Markowski : ICI et ICI 

* Inaugurée le 20 octobre 1857 en association avec Henri Covary (1819-1884, maître d'hôtel et co-gérant du grand restaurant de la Terrasse Jouffroy boulevard Montmartre), elle doit fermer en juin 1863 pour cause de percement de la rue Lafayette.


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Et le prénom me direz-vous ? il en avait deux : Maurice, donné par son acte de décès le 11 avril 1882 dans le 3e arrondissement de Paris, complété par celui de Meyer (ou Mayer), donné par la publication de sa faillite en 1868, qui le dit professeur de danse et entrepreneur de bals publics. Il a été inhumé au cimetière parisien d'Ivry sur Seine, dans la tranchée gratuite, le lendemain de sa mort.

source : Mairie de Paris

La commune de naissance "Inausratzhawek" mentionnée sur cet acte semblant assez fantaisiste, j'ai demandé de l'aide aux Archives Nationales de Pologne, le docteur Anna Lasluk m'a gentiment répondu que cette ville n'existe pas, que c'est une déformation ; elle me propose deux villes dont le nom se rapproche : Inowrocław et Włocławek. Je laisse aux chercheurs en danse le soin d'approfondir cette localisation.


collection particulière

Une expérience à Asnières
A la sortie de prison en 1869, il s'associe avec la demoiselle Thérèse TROUILLET pour l'exploitation d'un bal public appelé "Bal Markowski" au Trianon d'Asnières, 10 rue des Dames :
Markowski a organisé à Asnières, rue des Dames [un bal] où tous les dimanches et les jeudis accourent une foule de jeunes et jolies danseuses parisiennes. Les jardins, bosquets et promenades sont splendidement éclairés au gaz, en verres de couleurs et ballons vénitiens. Le parc tant regretté est donc avantageusement remplacé par la Closerie d’Asnières. L’orchestre est dirigé par M. Dubois. (Le Théâtre Illustré 1/1/1869)
en 1874 une circulaire est adressée à tous les journaux : Le buste du célèbre Markowski, professeur de danse, exécuté par M. Lecreux d’Asnières, offert par ses élèves et abonnés, sera inauguré prochainement au Trianon, dans une fête splendide et populaire. Des invitations seront envoyées. (Le Bouffon 26/7/1874)
La vogue du Trianon d’Asnières est une affaire conclue. Le dimanche et le jeudi, foule immense du high-life parisien dansant, sous la vigilante direction de Markowski (Comic-Finance 30/7/1874) 
On annonce sa faillite dans la Gazette des Tribunaux du 19 décembre 1873.  Je n'ai pas trouvé plus d'infos sur ce lieu, ni sur la demoiselle. Mais c'est probablement elle qui meurt en 1886, 136 rue Blomet, elle était née à Bois le Duc vers 1812, l'officier d'état civil ignorant le nom de ses parents. 
 
source : Gallica

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En complément cette gravure à l'eau forte de Félicien Ropps, qui illustre le chapitre consacré à la salle Markowski dans Les Cythères Parisiennes d'Afred Delvau.



Description de la gravure extraite du catalogue de l'œuvre de Félicien Ropps : "Une cocotte élégante, de profil perdu à droite, les cheveux dans un filet, drapée dans un long châle clair bordé de ramages qui tranche sur une jupe noire, cause avec deux amateurs d’âge et de costume différents. Le plus sérieux des personnages paraît être le Monsieur à favoris de droite, qui, le chapeau sur la tête, le cigare aux lèvres, la canne dans la poche de son long paletot clair, respire l’assurance d’une richesse mal acquise ; à ses côtés, un gandin à longues moustaches, le monocle dans l’œil, paraît plutôt disposé à se faire aimer pour lui-même ; enfin, un débutant, portant lorgnon, attend respectueusement et chapeau bas la fin de l’entretien, pour entrer en matière et s’efforcer de suppléer, par des égards, aux avantages physiques ou aux ressources pécuniaires."


mardi 3 mars 2026

Gustave DESRAT, 1831-1917




mise en ligne le 7/4/2012 
mise à jour février 2016
mise à jour 16/9/2019
mise à jour le 3/3/2026 : ajout du décès
 
 
Gustave Alexandre DESRAT est né à Paris le 7 septembre 1831. Il est le fils de Georges Gabriel (1798-1887), professeur de danses, et Henriette Virginie CLAIRET (1797-1879), domiciliés 10 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement de Paris, d'après le Bottin de 1842.
Le 13 juin 1857 il épouse Adélaïde Louise Christine Éverardine MAYER à la mairie du 10e arrondissement. Leur fille, Gabrielle Louise Henriette, est née le 11 octobre 1858 au domicile de ses parents, 40 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement, adresse qui est toujours celle du vieux professeur en 1913. Le 16 juillet 1881 à Paris, Gabrielle DESRAT épouse Georges Antoine CHARASSÉ, directeur du manège du théâtre du Châtelet, né à Thiers en 1848 il est le fils de Louis Alexandre, professeur d'équitation. Le manège de Georges CHARASSÉ est mis en liquidation judiciaire en 1895, puis en 1901, il est marchand de jouets, exposant au Salon de l'Enfance du Petit Palais. En 1905, sur la fiche matricule de leur fils Henri, ils sont domiciliés au 3 rue du Vieux Colombier, le père et le fils sont antiquaires. Henri est porté disparu à Loos en Gohelle (62) en octobre 1914, son père meurt l'année suivante. Gustave meurt à Epinay sur Orge le 15 octobre 1917 à son domicile situé dans la Grand Rue, son épouse était décédée le 11 mars 1914 à Paris, 40 rue des Saints Pères.
 

Un élément qui le rattache avec notre région : son grand-père paternel, François CLAIRET, est né à Arras en 1767, dans la paroisse Saint Géry, il épouse Marie THAMISIER originaire du Maine et Loire, à Paris en 1794, quartier de Montmartre.

En 1905 Gustave DESRAT vitupère toujours les nouvelles danses à la mode :
"Le cake-walk est détrôné... Voici venir le règne de la mattchiche,
— Qu'est-ce que cela ? direz-vous
C'est un autre genre de danse et une autre abomination. Cela fait fureur. C'est étrange, incohérent. Et c'est contagieux aussi :

C'est la danse nouvelle, — mademoiselle ;
Ainsi qu'une Espagnole — vibrante et folle,
Il faut cambrer la taille — d'un air canaille.
Cett' danse qui nous aguiche, C'est la mattchiche !

La danse de Saint-Guy était une mattchiche qui s'ignorait. L'obsession gagne de proche en proche... Mais les vieux maîtres de notre danse française en demeurent confondus. Un de nos confrères de l'Éclair a eu occasion d'en causer, ces jours derniers, avec leur doyen, président d'honneur de l'Académie de danse, Desrat, fils de Desrat. Et il a trouvé un homme profondément affligé. Le cake-walk l'avait atteint dans sa fierté professionnelle, la mattchiche l'achève.
— Est-ce que la danse se mourrait, décidément ? lui demanda notre confrère.
— La danse ne meurt pas ; plût au ciel qu'elle mourût ; c'est pis, monsieur, répliqua-t-il, elle s'encanaille ! J'assiste, impuissant, chaque jour, à l'envahissement des mœurs délabrées de l'exotisme. Ces mœurs, les étrangers les répudient chez eux et se trouvent fort à l'aise de pouvoir les pratiquer chez nous. En toute connaissance de cause, je puis affirmer qu'au delà des mers, la haute société continue à s'adonner ardemment à notre poétique valse française et délaisse dédaigneusement le fastidieux boston. J'ai pu, jusqu'au dernier moment, avoir confiance en un revirement complet et salutaire ; mais je reste, malheureusement, déçu. Après l'indolent, le ramolli boston qui a porté à notre poétique valse un coup mortel, — ce boston, la danse des fatigués, des énervés de ce monde, — est venu le hideux cake-walk, convertissant nos jolies et pimpantes danseuses en grotesques Hindoues. La mesure n'était pas comblée ; voici la mattchiche ! Passe encore le cake-walk pour ceux qui ignorent le respect, de soi-même ; mais la mattchiche ! Non ! Jamais un professeur ne voudra se compromettre en l'enseignant. Que cette danse chaloupée reste dans les restaurants de nuit et sur les hauteurs de Montmartre. Qu'elle disparaisse honteusement là où elle est née.
« Halte là ! » lui crieront tous les professeurs vraiment dignes de ce nom ; et les barrières seront tenues solidement fermées par l'Académie des professeurs de France."


La revue termine en offrant une partition de La Mattchiche, avec cette mise en garde ironique :
"En attendant, puisque tout le monde parle de cette nouvelle danse, vous pourrez, au moins, en avoir un aperçu, grâce au motif principal et aux « figures» que nous publions dans notre Supplément. Mais fasse le ciel que cela ne vous donne pas envie de l'apprendre !..."

Annales Politiques et Littéraires 26/11/1905

à lire : une excellente et récente étude sur la danse à Biarritz ICI on l'on parle abondamment de Desrat pages 32-33 et d'autres

Sources : Gallica et Archives de Paris en ligne

vendredi 30 mai 2025

Estelle Bernardin, professeur de danse

source Gallica

 Mme FELTMAN, née Estelle Bernardin
PROFESSEUR de DANSE DANS PLUSIEURS 
ET LES PRINCIPAUX PENSIONNATS RELIGIEUX
DE BOULOGNE
De l'académie royale de musique, élève de M. et Mme Gardal [Gardel*], Coulon** et Albert***, donne des leçons particulières, tient son académie Place Navarin, n° 4,
La méthode de Mme Feltman consiste dans des leçons consciencieuses, et sa grande patience à exécuter par elle-même tous les pas devant ses élèves, et à leur donner de la grâce, du maintien qu'une femme seule peut apprendre à son sexe, et cela sans le secours de l'anatomie.
En sa qualité de chorégraphe, elle démontre tous les pas de caractères, la marche, les exercices des bras, les révérences, l'entrée dans un salon, et à la demande des parens, de petits divertissemens de société. Cours de Polka.
 
C'est l'annonce qu'elle fait publier dans L'Almanach de Boulogne-sur-Mer en 1846-1847. Comment est-elle arrivée à Boulogne ?
Edmée Estelle Bernardin est née à Vermenton (Yonne) le 21 février 1806, fille d'Alexandre, officier de santé qui y décède 5 ans plus tard et d'Adélaïde Acremant originaire de Lille.
On peut suivre dans la presse (principalement Le Courrier des Théâtres) son parcours professionnel. Elle est admise pour ses débuts à l'Opéra en août 1826, elle s'y produit le 9 septembre dans un pas de trois, puis le lendemain dans Paul et Virginie. Le 12 octobre, ses second débuts, elle a "obtenu un nouveau succès pour sa vigueur et son aplomb, son visage a été plus riant que la première fois". Le 13 novembre "Entière réussite, mais ses cheveux tombent à la fin de son pas, d'ordinaire les coiffures qui se font là, tiennent mieux". Le 5 décembre le journal annonce son départ de l'Opéra, sans donner la raison, malgré un soutien de la presse. "Mlle Estelle Bernardin, qui a donné, avant-hier, ses débuts à l'Opéra, nous a paru digne d'une mention particulière, tant son sort nous semble en opposition avec les heureux commencemens de talent qu'elle a montrés et qui sont ses seuls protecteurs. Si cette jeune personne en avait d'autres, nous ne la soutiendrions pas ; mais elle est arrivée sans intrigue, et, selon nous, elle s'en va sans raison. Une lettre des ses supérieurs en prive le théâtre où elle aurait pu rendre de grands services, et la condamne à aller fire fortune à l'étranger. Comme ce sera au dépens du public de Paris, il est juste de s'en plaindre en son nom. A chacun de ses débuts, Mlle Bernardin a obtenu un succès d'autant plus mérité que ni la prévention, ni la légèreté n'y ont présidé ; on a bien regardé cette danseuse avant d'applaudir, et, certes, la dernière fois, elle s'est encore mieux acquittée de son pas que toutes les autres. Est-ce un motif pour ? … …"
Le 3 février 1827 elle est à Bruxelles et danse les ballets de Cendrillon, Zemire et Azor, etc. En octobre 1827 elle est à Liège, puis en septembre à Maastricht, avec M. et Mme Benoni, elle danse Almaviva et Viva, ballet en trois actes. En 1828 elle se produit au théâtre Lafayette, à New York, où elle est remarquée par le prince Joseph Napoléon ; en 1830 et 1831 elle est à Bordeaux. Vers 1830 elle épouse Auguste Feltman, artiste dramatique et régisseur du théâtre de Liège en 1837. En 1832, elle danse à Bruxelles et en 1833-1834 à Boulogne sur Mer. Fin de sa présence dans la presse, et c'est sans doute aussi l'époque de son installation dans cette ville. Une annonce est publiée en 1841 : "Mme Feltman, donne des leçons en ville, et tient chez elle une école de danse, rue du Mont à Cardon, n°26". Après 1847 elle quitte Boulogne pour Paris et devient ensuite dame de compagnie.
Domiciliée à Neuilly, 2 place Saint Vincent de Paul, elle meurt le 3 juillet 1860, à l'hôpital Beaujon à Paris, toujours épouse d'Auguste Feltman. 

Christian Declerck
29 mai 2025



extraits du plan de Boulogne-sur Mer (Gallica)

* Pierre Gardel, 1758-1840
** Jean-François Coulon 1764-1836
*** François Decombe ALBERT 1787-1865
source : Gallica et Philippe Van Aelbrouck, Dictionnaire des danseurs à Bruxelles de 1600 à 1830
 
 
 
source Filæ.com

 

source Gallica

vendredi 18 avril 2025

Prosper le polichinelle

C'était l'animateur des bals d'enfants de la bonne société dunkerquoise au tournant du XXe siècle.

collection personnelle
 
[…] Le père Prosper que j’ai rencontré, il y a quelques années, sur les grands boulevards, lors d’un passage à Paris, était à cette époque artiste à la Comédie Française ; c’est lui qui, en culotte courte et en livrée, apportait sur un plateau, la lettre de la marquise. Le brave homme portait à la boutonnière un ruban d’officier d’académie large comme une jarretière de mariée. Il a quitté, m’a-t-on dit, le théâtre et est quelque part, aux environs de Paris, à Bécon les Bruyères, je crois, conseiller municipal. Tous ceux qu’il a appris à danser, non le fox-trot, ni le shimmy, fantaisies inconnues de son temps, sont aujourd’hui pour la plupart de graves personnages qui ne doivent tout de même pas avoir oublié le rutilant polichinelle du Kursaal, et aussi Pladys, artiste et directeur d’un théâtre subventionné à Malo.
Jean des Darses (Charles BOLVIN 1867-1923) dans le Nord Maritime du 19 mai 1922. C'est Ch. Bolvin qui a fait la photo de Prosper en Polichinelle publiée en carte postale.
 
collection privée
 
Je n'ai pas de certitude sur l'identité de Prosper. Voici le résultat de mes recherches.
Relevé chronologique des mentions des activités de Prosper le Polichinelle
- 1885 : première mention sur l'affiche de la saison juillet à septembre du Kursaal de Dunkerque
- 1886 : membre de la troupe du Kursaal comme "utilités"
- 1888 : comique grime de la troupe du Kursaal
- 1891 : comique marqué de la troupe du Kursaal, direction M. Cholet
- 1892 : Kursaal de Dunkerque, bal d'enfants sous la direction de M. Andréani, professeur de danse du Casino de Nice, avec le concours de M. Prosper, original Polichinelle
- 1898 : Kursaal de Dunkerque, grand bal d'enfants avec le concours de Polichinelle (Prosper).
- 1899 : Kursaal de Dunkerque, bal d'enfants avec le concours de Polichinelle
- 1905 : Kursaal de Dunkerque, matinée donnée au profit de Messieurs et Dames du chœur et de Polichinelle  (l'ami Prosper).
- 1907 : Au parc de la Marine à Dunkerque, bal d'enfants avec farandole conduite par le bon Prosper, le sémillant polichinelle du Kursaal
- 1910 : membre de la troupe du Kursaal, chargé de la publicité et 3e comique
- 1911 : membre de la troupe du Kursaal, chargé de la publicité et comique de vaudeville de la troupe du Kursaal
- 1911 : Jardin colonial du Bois de Vincennes, fête avec ronde enfantine conduites par Polichinelle Prosper artiste du Théâtre des Nouveautés 
- 1913 : membre de la troupe du Kursaal
- 1914 : Vanves - Lycée Michelet, fête du cinquantenaire - A noter dans le parc le bal d'enfants conduit par Polichinelle (Prosper) et le théâtre de Guignol
C'est la dernière mention relevée.
sources : Le Petit Dunkerquois, Dunkerque Artiste, La France Théâtrale, Le Mémorial Artésien, L'Entente Cordiale, Le Grand Echo du Nord, Le COurrier Populaire de Dunkerque, Dunkerque Sport, La Presse, Cœmédia et Le Nord Maritime.
 
J'ai cherché un Prosper ayant habité Bécon les Bruyères, je n'en ai trouvé qu'un dont les dates de naissance et décès pouvaient coller au personnage : Prosper Aimé MAUBERT. Il est né à Paris 6e le 8 février 1847, ses parents n'étaient pas mariés, ils ont reconnu leur enfant 3 mois plus tard.  La mère, Marie Philiberte Zoé est décédée à Paris en 1889, et le père probable est mort en Allemagne quelques années plus tôt en 1886 à Wiesbaden. Sur son acte de mariage, en 1881, Prosper se dit employé. Il épouse une ouvrière en dentelles, Jeanne OLLIER, née à Orléans, qui décèdera à Paris en 1921. En 1911, il est décoré de la médaille d'honneur du travail, il est alors inspecteur de la Cie d'assurances contre l'incendie La France. Prosper meurt à Courbevoie le 5 octobre 1927, à Bécon les Bruyères, précise même la table des Successions de Courbevoie.
 

Je n'ai pas trouvé de mention d'activité d'artiste associé à son nom dans les actes d'état civil, mais… il a été nommé officier d'académie en 1890, comme professeur de dessin industriel à l'association Philotechnique de Neuilly à Courbevoie et également officier de l'instruction publique au même titre. Ce qui concorde avec le témoignage de Jean des Darses, c'est peu, mais j'ai un indice supplémentaire, il était domicilié 28 puis 32 rue de Bécon à Courbevoie, Bécon les Bruyères étant un quartier de Courbevoie. J'ai contacté la mairie de Courbevoie pour leur demander s'il y avait eu un Prosper parmi les anciens conseillers municipaux, sans résultat. Il a bien réussi à cacher son identité véritable.
 
Christian Declerck 18 avril 2025
 
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Le Kursaal de Dunkerque, acheté à ville d'Ostende en 1878, démonté en 1935
 

une salle qui pouvait servir pour un cours de danse

la scène est prête pour l'orchestre vers 1910

prête pour le bal, autre configuration avant 1900

 
Polichinelle est devenu le géant du Carnaval de Malo-les-Bains dès 1907, puis encore dans les années 1920
 
 
1907
 
1924


 

jeudi 3 avril 2025

Radiographie du bal (Série audio)

mis en ligne le 4/3/2025
mise à jour le 3/4/2025 


Nouvelle série par Péroline Barbet – M*Ondes audio : Radiographie du bal – une série documentaire audio sur le bal trad. Quand la danse se donne à entendre.

Une série pour donner le goût du bal et comprendre la danse.
De quoi parle-t-on quand on dit « bal » ? Le bal trad, ce phénomène longtemps passé hors des radars, existe pourtant depuis les années la fin des années 60 et connait actuellement un regain d’intérêt.

En France et en Europe, ses formes sont très diverses, preuve de son dynamisme. Alors, revenons sur l’histoire, les évolutions et les controverses qui animent ce milieu. Entre fidélité aux sources et désir de création, préoccupations musicales et utopies sociétales, désir de convivialité et recherche du beau geste; tirons les fils cachés du bal. Comme une « petite radiographie du bal » en somme, qui mêle musiques, témoignages de danseurs, de musiciens et de chercheurs.

épisode 1 : L'expérience du Bal

épisode 2 : Les strates du bal

lundi 31 mars 2025

Tranquille FERAY, maître de danse

 La Bibliothèque de Boulogne sur Mer conserve un petit livret pour la danse, intitulé : Le Guide des Danseurs, ou Recueil contenant l'explication de 12 contre-danses nouvelles, offert par Tr. FERAY, aux amateurs de l'art chorégraphique qui habitent la ville de Boulogne. Prix 2 francs, imprimerie de Le Roy-Berger à Boulogne, 1817. Ce recueil a été exhumé par Marie Christine et Patrick Bollier dans le cadre de leurs recherches sur la pratique de la danse de salon à Boulogne sur Mer, qui doivent déboucher sur une publication qu'on espère prochaine.

 
Les danses portent toutes comme titre un patronyme anglais : miss Homfray, miss Heatly, miss Emmett, miss Bucley, miss Llhyd, miss Russell, miss Hartman, miss Larking, miss Dawson, miss Whitelocke, miss Lovelace, le seul titre français est “Les plaisirs anglais (pas de la Béarnaise)”, hélas il n’y a pas de musique.

    Pierre Jean Tranquille FERAY est né à Saint Romain de Colbosc (Seine Maritime) le 18 février 1778, fils de Pierre louis, horloger, (1745-1812) et Anne Rose TOCQUEVILLE (1750-1823). Il épouse à Boulogne sur Mer le 5 août 1812 Elisabeth JEANSON, fripière, née à Oranjestad (Caraïbes) le 3 mai 1774, elle meurt à Boulogne le 11 février 1843, survivant de 6 années à son époux décédé le 16 janvier 1837 à l'hospice de la ville.

Tranquille Feray est témoin au mariage de Charles Alexandre PERIN, professeur de grammaire, le 23 avril 1817, fils de Charles Joseph, instituteur de danse et frère de Charles François, maître de danse, à l'origine de la nombreuse famille des PERIN professeurs de danse à Boulogne sur Mer puis à Paris.

Il est également témoin à la naissance de Rose Eliza WOISLIN le 16 février 1824, fille de Jean Baptiste, musicien, professeur de musique (actif entre 1822-1829), lui même fils d'Antoine, cabaretier et musicien, lui même fils de Jean Baptiste ménétrier et cabaretier né en 1741.


samedi 4 janvier 2025

Les Chatroussat, de père en fils


collection particulière


 La "dynastie" Chatroussat, professeurs de danse, commence avec Laurent Désiré qui est né à Dunkerque le 22 mars 1830, fils de Pierre, cabaretier puis cocher, originaire d'Auxerre, il épouse à Dunkerque en 1821 une Liégeoise, Marie Boussar, qui meurt à Dunkerque en 1823. Il aura trois enfants avec sa seconde épouse, Antoinette Crépin, né à St Pierre les Calais en 1802, dont Laurent Désiré né le 22 mars 1830, qui réside 13 rue de Paris. Il est cordonnier, maître bottier, mais en 1872 il déclare la profession de professeur de danse dans l'acte de mariage de sa nièce Irma Malvina. Il meurt en 1881 et laisse deux fils, dont Gustave Laurent Constant, né le 25 mai 1853, 13 rue de Paris : Professeur de danse et de maintien. Il apprit la chorégraphie à Paris et eut comme professeur M. Renausy de l'Opéra. Pendant de nombreuses années il fut professeur dans les lycées et pensionnats de la région du Nord et du Pas-de-Calais. (Dictionnaire biographique comprenant la liste et les biographies des notabilités du département du Nord, 1893)
Le 20 novembre 1883 à Dunkerque, Gustave épouse Léonie Waeterloot (née à Dunkerque en 1862) ils demeureront à Dunkerque rue du Fort puis 13 rue Thévenet. Gustave décède le 25 novembre 1906 à Lille, dans son domicile, 43 rue Jacquemars Giélée, il est professeur de maintien. Leur fils, Marcel, né à Dunkerque le 22 janvier 1888 élève de son père et de M. Givre [successeur de Renausy] de l'Opéra de Paris, lui a succédé et fait également partie de l'Académie des professeurs de danse de France (idem), exerce la profession de professeur de danse à Lille jusqu'au moins en 1936 au domicile de ses parents. Il publie régulièrement des annonces publicitaires dans l'Annuaire des Artistes. En 1913, à Wormhout, il épouse Jeanne Dezitter et devient ainsi le beau-frère d'Augustin Collesson, artiste sculpteur renommé. Il meurt à Lille en 1976, son épouse était décédée cinq ans plus tôt.
 
Christian Declerck
4 janvier 2025