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mardi 3 mars 2026

Gustave DESRAT, 1831-1917




mise en ligne le 7/4/2012 
mise à jour février 2016
mise à jour 16/9/2019
mise à jour le 3/3/2026 : ajout du décès
 
 
Gustave Alexandre DESRAT est né à Paris le 7 septembre 1831. Il est le fils de Georges Gabriel (1798-1887), professeur de danses, et Henriette Virginie CLAIRET (1797-1879), domiciliés 10 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement de Paris, d'après le Bottin de 1842.
Le 13 juin 1857 il épouse Adélaïde Louise Christine Éverardine MAYER à la mairie du 10e arrondissement. Leur fille, Gabrielle Louise Henriette, est née le 11 octobre 1858 au domicile de ses parents, 40 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement, adresse qui est toujours celle du vieux professeur en 1913. Le 16 juillet 1881 à Paris, Gabrielle DESRAT épouse Georges Antoine CHARASSÉ, directeur du manège du théâtre du Châtelet, né à Thiers en 1848 il est le fils de Louis Alexandre, professeur d'équitation. Le manège de Georges CHARASSÉ est mis en liquidation judiciaire en 1895, puis en 1901, il est marchand de jouets, exposant au Salon de l'Enfance du Petit Palais. En 1905, sur la fiche matricule de leur fils Henri, ils sont domiciliés au 3 rue du Vieux Colombier, le père et le fils sont antiquaires. Henri est porté disparu à Loos en Gohelle (62) en octobre 1914, son père meurt l'année suivante. Gustave meurt à Epinay sur Orge le 15 octobre 1917 à son domicile situé dans la Grand Rue, son épouse était décédée le 11 mars 1914 à Paris, 40 rue des Saints Pères.
 

Un élément qui le rattache avec notre région : son grand-père paternel, François CLAIRET, est né à Arras en 1767, dans la paroisse Saint Géry, il épouse Marie THAMISIER originaire du Maine et Loire, à Paris en 1794, quartier de Montmartre.

En 1905 Gustave DESRAT vitupère toujours les nouvelles danses à la mode :
"Le cake-walk est détrôné... Voici venir le règne de la mattchiche,
— Qu'est-ce que cela ? direz-vous
C'est un autre genre de danse et une autre abomination. Cela fait fureur. C'est étrange, incohérent. Et c'est contagieux aussi :

C'est la danse nouvelle, — mademoiselle ;
Ainsi qu'une Espagnole — vibrante et folle,
Il faut cambrer la taille — d'un air canaille.
Cett' danse qui nous aguiche, C'est la mattchiche !

La danse de Saint-Guy était une mattchiche qui s'ignorait. L'obsession gagne de proche en proche... Mais les vieux maîtres de notre danse française en demeurent confondus. Un de nos confrères de l'Éclair a eu occasion d'en causer, ces jours derniers, avec leur doyen, président d'honneur de l'Académie de danse, Desrat, fils de Desrat. Et il a trouvé un homme profondément affligé. Le cake-walk l'avait atteint dans sa fierté professionnelle, la mattchiche l'achève.
— Est-ce que la danse se mourrait, décidément ? lui demanda notre confrère.
— La danse ne meurt pas ; plût au ciel qu'elle mourût ; c'est pis, monsieur, répliqua-t-il, elle s'encanaille ! J'assiste, impuissant, chaque jour, à l'envahissement des mœurs délabrées de l'exotisme. Ces mœurs, les étrangers les répudient chez eux et se trouvent fort à l'aise de pouvoir les pratiquer chez nous. En toute connaissance de cause, je puis affirmer qu'au delà des mers, la haute société continue à s'adonner ardemment à notre poétique valse française et délaisse dédaigneusement le fastidieux boston. J'ai pu, jusqu'au dernier moment, avoir confiance en un revirement complet et salutaire ; mais je reste, malheureusement, déçu. Après l'indolent, le ramolli boston qui a porté à notre poétique valse un coup mortel, — ce boston, la danse des fatigués, des énervés de ce monde, — est venu le hideux cake-walk, convertissant nos jolies et pimpantes danseuses en grotesques Hindoues. La mesure n'était pas comblée ; voici la mattchiche ! Passe encore le cake-walk pour ceux qui ignorent le respect, de soi-même ; mais la mattchiche ! Non ! Jamais un professeur ne voudra se compromettre en l'enseignant. Que cette danse chaloupée reste dans les restaurants de nuit et sur les hauteurs de Montmartre. Qu'elle disparaisse honteusement là où elle est née.
« Halte là ! » lui crieront tous les professeurs vraiment dignes de ce nom ; et les barrières seront tenues solidement fermées par l'Académie des professeurs de France."


La revue termine en offrant une partition de La Mattchiche, avec cette mise en garde ironique :
"En attendant, puisque tout le monde parle de cette nouvelle danse, vous pourrez, au moins, en avoir un aperçu, grâce au motif principal et aux « figures» que nous publions dans notre Supplément. Mais fasse le ciel que cela ne vous donne pas envie de l'apprendre !..."

Annales Politiques et Littéraires 26/11/1905

à lire : une excellente et récente étude sur la danse à Biarritz ICI on l'on parle abondamment de Desrat pages 32-33 et d'autres

Sources : Gallica et Archives de Paris en ligne

lundi 2 janvier 2023

Lussan-Borel

Un pseudonyme très connu des danseurs et autres spécialistes des danses de salon. Son véritable patronyme l'est moins.

collection personnelle
et consultation ICI

Eugène Giraudet le mentionne dans son Traité de la danse, paru en 1900 : "par L. Labrousse, auteur, 5 bis rue Martel, Paris. Auteur d'un Traité de la danse de valse et boston, paru en 1899", il renvoie à "Labrousse" où il mentionne simplement qu'il était son élève et renvoie à Lussan-Borel. L'encyclopédie en ligne affirme qu'il s'agit de Louis Lionel né à Pointe à Pitre en 1849 et mort à Paris en 1914. Un début de piste qui m'a permis de vérifier qu'il ne s'agit pas de ce "commissionnaire en marchandises", ni de ses fils, ni de ses frères.

Une adresse trouvée grâce à Gallica m'a mis sur la bonne piste : 60 rue Turbigo, lieu du cours de danse Labrousse de Louis Labrousse, certes, mais un recensement nous précise qu'il est né en Charente Maritime en 1878.

Louis Camille Henri Labrousse est né à Saint Jean d'Angély le 2 février 1878, au moulin de Comportet, fils d'Henri (caissier, puis minotier) et Marie Jeanjean, tous deux nés en Charente-Maritime. Avec son frère, Marie Henri Etienne, né le 2 juillet 1881, au même moulin, il fonde en 1899, une Académie de danse déjà située 60 rue Turbigo. elle n'en bougera pas pendant plus de trente ans, soit bien après le décès de Louis Lionel. Mais… il y a sans doute un lien avec ce Lionel, car les Traités de danse écrits par les frères Labrousse, sont disponibles à cette adresse : Lionel Labrousse 5 bis rue Martel, adresse d'un commissionnaire qui publie de nombreuses petites annonces dans la presse spécialisée parisienne. Je n'ai pas trouvé confirmation qu'il s'agit bien de Louis Lionel Labrousse, mais… à Paris, c'est la seule personne qui porte ces prénom et patronyme et les annonces cessent en 1914, après le décès de Louis Lionel. Pourquoi ont-ils choisi ce commissionnaire comme dépositaire ? Peut-être un clin d'œil avec leur patronyme qu'ils ont pris soin de cacher par cet anagramme LUSSAN-BOREL ? Je n'ai pas trouvé non plus de lien familial entre les deux familles Labrousse.

Le fils aîné se marie deux fois, d'abord à Paris 18e avec Emma Favy en 1921, son épouse décéde en 1928, il épouse Lucienne Chauffouraux à Sèvres en 1932. Les parents de Lucienne sont originaires de Lille et Houplines. Je n'ai pas encore trouvé le décès de Louis. Son frère Marie, qui signe Etienne, épouse Yvonne Barbier à Paris 1er en 1909, il meurt à Suresnes en 1940. C'est peut-être lui qui publie une publicité pour son académie de danse en 1932. Ensuite plus de trace des deux professeurs. Yvonne est morte en 1978 à La Celle Saint Cloud, leur fille Lydia née en 1912, meurt à Montigny le Bretonneux en 1982. La dernière survivante de la famille, Lucienne, décède à Paris 4e en 1995.

Paris Adresses 1932
source Gallica