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mardi 3 mars 2026

Gustave DESRAT, 1831-1917




mise en ligne le 7/4/2012 
mise à jour février 2016
mise à jour 16/9/2019
mise à jour le 3/3/2026 : ajout du décès
 
 
Gustave Alexandre DESRAT est né à Paris le 7 septembre 1831. Il est le fils de Georges Gabriel (1798-1887), professeur de danses, et Henriette Virginie CLAIRET (1797-1879), domiciliés 10 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement de Paris, d'après le Bottin de 1842.
Le 13 juin 1857 il épouse Adélaïde Louise Christine Éverardine MAYER à la mairie du 10e arrondissement. Leur fille, Gabrielle Louise Henriette, est née le 11 octobre 1858 au domicile de ses parents, 40 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement, adresse qui est toujours celle du vieux professeur en 1913. Le 16 juillet 1881 à Paris, Gabrielle DESRAT épouse Georges Antoine CHARASSÉ, directeur du manège du théâtre du Châtelet, né à Thiers en 1848 il est le fils de Louis Alexandre, professeur d'équitation. Le manège de Georges CHARASSÉ est mis en liquidation judiciaire en 1895, puis en 1901, il est marchand de jouets, exposant au Salon de l'Enfance du Petit Palais. En 1905, sur la fiche matricule de leur fils Henri, ils sont domiciliés au 3 rue du Vieux Colombier, le père et le fils sont antiquaires. Henri est porté disparu à Loos en Gohelle (62) en octobre 1914, son père meurt l'année suivante. Gustave meurt à Epinay sur Orge le 15 octobre 1917 à son domicile situé dans la Grand Rue, son épouse était décédée le 11 mars 1914 à Paris, 40 rue des Saints Pères.
 

Un élément qui le rattache avec notre région : son grand-père paternel, François CLAIRET, est né à Arras en 1767, dans la paroisse Saint Géry, il épouse Marie THAMISIER originaire du Maine et Loire, à Paris en 1794, quartier de Montmartre.

En 1905 Gustave DESRAT vitupère toujours les nouvelles danses à la mode :
"Le cake-walk est détrôné... Voici venir le règne de la mattchiche,
— Qu'est-ce que cela ? direz-vous
C'est un autre genre de danse et une autre abomination. Cela fait fureur. C'est étrange, incohérent. Et c'est contagieux aussi :

C'est la danse nouvelle, — mademoiselle ;
Ainsi qu'une Espagnole — vibrante et folle,
Il faut cambrer la taille — d'un air canaille.
Cett' danse qui nous aguiche, C'est la mattchiche !

La danse de Saint-Guy était une mattchiche qui s'ignorait. L'obsession gagne de proche en proche... Mais les vieux maîtres de notre danse française en demeurent confondus. Un de nos confrères de l'Éclair a eu occasion d'en causer, ces jours derniers, avec leur doyen, président d'honneur de l'Académie de danse, Desrat, fils de Desrat. Et il a trouvé un homme profondément affligé. Le cake-walk l'avait atteint dans sa fierté professionnelle, la mattchiche l'achève.
— Est-ce que la danse se mourrait, décidément ? lui demanda notre confrère.
— La danse ne meurt pas ; plût au ciel qu'elle mourût ; c'est pis, monsieur, répliqua-t-il, elle s'encanaille ! J'assiste, impuissant, chaque jour, à l'envahissement des mœurs délabrées de l'exotisme. Ces mœurs, les étrangers les répudient chez eux et se trouvent fort à l'aise de pouvoir les pratiquer chez nous. En toute connaissance de cause, je puis affirmer qu'au delà des mers, la haute société continue à s'adonner ardemment à notre poétique valse française et délaisse dédaigneusement le fastidieux boston. J'ai pu, jusqu'au dernier moment, avoir confiance en un revirement complet et salutaire ; mais je reste, malheureusement, déçu. Après l'indolent, le ramolli boston qui a porté à notre poétique valse un coup mortel, — ce boston, la danse des fatigués, des énervés de ce monde, — est venu le hideux cake-walk, convertissant nos jolies et pimpantes danseuses en grotesques Hindoues. La mesure n'était pas comblée ; voici la mattchiche ! Passe encore le cake-walk pour ceux qui ignorent le respect, de soi-même ; mais la mattchiche ! Non ! Jamais un professeur ne voudra se compromettre en l'enseignant. Que cette danse chaloupée reste dans les restaurants de nuit et sur les hauteurs de Montmartre. Qu'elle disparaisse honteusement là où elle est née.
« Halte là ! » lui crieront tous les professeurs vraiment dignes de ce nom ; et les barrières seront tenues solidement fermées par l'Académie des professeurs de France."


La revue termine en offrant une partition de La Mattchiche, avec cette mise en garde ironique :
"En attendant, puisque tout le monde parle de cette nouvelle danse, vous pourrez, au moins, en avoir un aperçu, grâce au motif principal et aux « figures» que nous publions dans notre Supplément. Mais fasse le ciel que cela ne vous donne pas envie de l'apprendre !..."

Annales Politiques et Littéraires 26/11/1905

à lire : une excellente et récente étude sur la danse à Biarritz ICI on l'on parle abondamment de Desrat pages 32-33 et d'autres

Sources : Gallica et Archives de Paris en ligne

vendredi 30 mai 2025

Estelle Bernardin, professeur de danse

source Gallica

 Mme FELTMAN, née Estelle Bernardin
PROFESSEUR de DANSE DANS PLUSIEURS 
ET LES PRINCIPAUX PENSIONNATS RELIGIEUX
DE BOULOGNE
De l'académie royale de musique, élève de M. et Mme Gardal [Gardel*], Coulon** et Albert***, donne des leçons particulières, tient son académie Place Navarin, n° 4,
La méthode de Mme Feltman consiste dans des leçons consciencieuses, et sa grande patience à exécuter par elle-même tous les pas devant ses élèves, et à leur donner de la grâce, du maintien qu'une femme seule peut apprendre à son sexe, et cela sans le secours de l'anatomie.
En sa qualité de chorégraphe, elle démontre tous les pas de caractères, la marche, les exercices des bras, les révérences, l'entrée dans un salon, et à la demande des parens, de petits divertissemens de société. Cours de Polka.
 
C'est l'annonce qu'elle fait publier dans L'Almanach de Boulogne-sur-Mer en 1846-1847. Comment est-elle arrivée à Boulogne ?
Edmée Estelle Bernardin est née à Vermenton (Yonne) le 21 février 1806, fille d'Alexandre, officier de santé qui y décède 5 ans plus tard et d'Adélaïde Acremant originaire de Lille.
On peut suivre dans la presse (principalement Le Courrier des Théâtres) son parcours professionnel. Elle est admise pour ses débuts à l'Opéra en août 1826, elle s'y produit le 9 septembre dans un pas de trois, puis le lendemain dans Paul et Virginie. Le 12 octobre, ses second débuts, elle a "obtenu un nouveau succès pour sa vigueur et son aplomb, son visage a été plus riant que la première fois". Le 13 novembre "Entière réussite, mais ses cheveux tombent à la fin de son pas, d'ordinaire les coiffures qui se font là, tiennent mieux". Le 5 décembre le journal annonce son départ de l'Opéra, sans donner la raison, malgré un soutien de la presse. "Mlle Estelle Bernardin, qui a donné, avant-hier, ses débuts à l'Opéra, nous a paru digne d'une mention particulière, tant son sort nous semble en opposition avec les heureux commencemens de talent qu'elle a montrés et qui sont ses seuls protecteurs. Si cette jeune personne en avait d'autres, nous ne la soutiendrions pas ; mais elle est arrivée sans intrigue, et, selon nous, elle s'en va sans raison. Une lettre des ses supérieurs en prive le théâtre où elle aurait pu rendre de grands services, et la condamne à aller fire fortune à l'étranger. Comme ce sera au dépens du public de Paris, il est juste de s'en plaindre en son nom. A chacun de ses débuts, Mlle Bernardin a obtenu un succès d'autant plus mérité que ni la prévention, ni la légèreté n'y ont présidé ; on a bien regardé cette danseuse avant d'applaudir, et, certes, la dernière fois, elle s'est encore mieux acquittée de son pas que toutes les autres. Est-ce un motif pour ? … …"
Le 3 février 1827 elle est à Bruxelles et danse les ballets de Cendrillon, Zemire et Azor, etc. En octobre 1827 elle est à Liège, puis en septembre à Maastricht, avec M. et Mme Benoni, elle danse Almaviva et Viva, ballet en trois actes. En 1828 elle se produit au théâtre Lafayette, à New York, où elle est remarquée par le prince Joseph Napoléon ; en 1830 et 1831 elle est à Bordeaux. Vers 1830 elle épouse Auguste Feltman, artiste dramatique et régisseur du théâtre de Liège en 1837. En 1832, elle danse à Bruxelles et en 1833-1834 à Boulogne sur Mer. Fin de sa présence dans la presse, et c'est sans doute aussi l'époque de son installation dans cette ville. Une annonce est publiée en 1841 : "Mme Feltman, donne des leçons en ville, et tient chez elle une école de danse, rue du Mont à Cardon, n°26". Après 1847 elle quitte Boulogne pour Paris et devient ensuite dame de compagnie.
Domiciliée à Neuilly, 2 place Saint Vincent de Paul, elle meurt le 3 juillet 1860, à l'hôpital Beaujon à Paris, toujours épouse d'Auguste Feltman. 

Christian Declerck
29 mai 2025



extraits du plan de Boulogne-sur Mer (Gallica)

* Pierre Gardel, 1758-1840
** Jean-François Coulon 1764-1836
*** François Decombe ALBERT 1787-1865
source : Gallica et Philippe Van Aelbrouck, Dictionnaire des danseurs à Bruxelles de 1600 à 1830
 
 
 
source Filæ.com

 

source Gallica

samedi 4 janvier 2025

Les Chatroussat, de père en fils


collection particulière


 La "dynastie" Chatroussat, professeurs de danse, commence avec Laurent Désiré qui est né à Dunkerque le 22 mars 1830, fils de Pierre, cabaretier puis cocher, originaire d'Auxerre, il épouse à Dunkerque en 1821 une Liégeoise, Marie Boussar, qui meurt à Dunkerque en 1823. Il aura trois enfants avec sa seconde épouse, Antoinette Crépin, né à St Pierre les Calais en 1802, dont Laurent Désiré né le 22 mars 1830, qui réside 13 rue de Paris. Il est cordonnier, maître bottier, mais en 1872 il déclare la profession de professeur de danse dans l'acte de mariage de sa nièce Irma Malvina. Il meurt en 1881 et laisse deux fils, dont Gustave Laurent Constant, né le 25 mai 1853, 13 rue de Paris : Professeur de danse et de maintien. Il apprit la chorégraphie à Paris et eut comme professeur M. Renausy de l'Opéra. Pendant de nombreuses années il fut professeur dans les lycées et pensionnats de la région du Nord et du Pas-de-Calais. (Dictionnaire biographique comprenant la liste et les biographies des notabilités du département du Nord, 1893)
Le 20 novembre 1883 à Dunkerque, Gustave épouse Léonie Waeterloot (née à Dunkerque en 1862) ils demeureront à Dunkerque rue du Fort puis 13 rue Thévenet. Gustave décède le 25 novembre 1906 à Lille, dans son domicile, 43 rue Jacquemars Giélée, il est professeur de maintien. Leur fils, Marcel, né à Dunkerque le 22 janvier 1888 élève de son père et de M. Givre [successeur de Renausy] de l'Opéra de Paris, lui a succédé et fait également partie de l'Académie des professeurs de danse de France (idem), exerce la profession de professeur de danse à Lille jusqu'au moins en 1936 au domicile de ses parents. Il publie régulièrement des annonces publicitaires dans l'Annuaire des Artistes. En 1913, à Wormhout, il épouse Jeanne Dezitter et devient ainsi le beau-frère d'Augustin Collesson, artiste sculpteur renommé. Il meurt à Lille en 1976, son épouse était décédée cinq ans plus tôt.
 
Christian Declerck
4 janvier 2025
 

 
 
 

mardi 3 septembre 2024

Andrée Pascaud-Froment, professeur de danse

Paris 1946, Adolfo Kaminsky
 

Au départ, il y a cette photo d'Adolfo Kaminsky aperçue sur l'internet. Une femme attend, adossée au mur, à l'angle de deux rues à peine éclairées. Ses vêtements ne font pas supposer que cette attente soit professionnelle, elle est sans doute un modèle choisi par le photographe. Deux affiches collées au mur attirent le regard : en haut on devine "Vive l'amour" ; une annonce pour un spectacle ? ou un film ? Sur le soubassement une autre affiche, plus lisible, fait la réclame pour un cours de danse 60 rue Saint-Antoine. C'est le début d'une recherche.
Rapidement je trouve plusieurs annonces pour ce cours dans la presse nationale. Il semble aussi être une salle de gymnastique. Les annonces se succèdent de 1919 à 1953, publiée deux années dans une revue, puis une année dans une autre, épisodiquement : Comœdia, Benjamin, Candide, Cinémonde, Cols bleus et enfin Point de vue Images du Monde. J'ai trouvé aussi une annonce parue dans Le Phare de la Loire, pour un cours de danse dans les Salons Mauduit à Nantes en mars 1921. On y apprend que Mme Pascaud est diplômée de l'Académie des Maîtres de Danse de Paris. On peut y apprendre toutes les danses modernes… sauf le Shimmy. Il faut s'adresser au 3 rue de Guérande.

source : Gallica

 Une recherche dans les recensements 1926 et 1936 me donne des pistes sur l'identité de ce professeur de danse, je ne suis pas étonné de découvrir une femme, l'absence du prénom me le faisait supposer. C'est donc Andrée FROMENT, veuve de Pierre PASCAUD, qui enseigne à cette adresse, mais qui est domiciliée à 500 m, 55 rue des Rosiers.
Andrée Marguerite FROMENT est née dans ce quatrième arrondissement le 6 août 1883 sur l'île Saint Louis, 5 rue Budé, fille de Virgile (1851-1910), entrepreneur en menuiserie et de Catherine BURCKEL (1858-1933). En 1906, elle est professeur de piano quand elle épouse Paul Henri Clément PASCAUD, professeur de gymnastique, né à Paris en 1882. son mari meurt au tout début de la guerre le 19 août 1914. Elle aura deux enfants, Guy Paul Virgile né en 1908, † 1981, et un fils posthume né en mars 1915 France Paul Gabriel, † 1967. Elle publie donc ces annonces à partir de 1919 et donne ses cours dans le local où son mari pratiquait la gymnastique, à côté de l'Hôtel de Sully.
Dans ces annonces il est fait plusieurs fois mention de "méthodes" publiées dont il ne semble plus exister aucun exemplaire, même à la BNF.

la dernière annonce relevée
 
Guy PASCAUD est également professeur de danse, avec son épouse Conception REMOLI, on trouve sa signature pour plusieurs articles paru dans la revue La Tribune de la Danse en 1938 et 1939. Dont ce tableau d'un relevé des danses pratiquées dans les bals en avril 1939 :

source : Médiathèque du Centre National de la Danse
 
Christian Declerck
3 septembre 2024

mardi 27 août 2024

Henri Audemars et Paul Van Hooland

mise en ligne le 4/4/2017
mise à jour le 27/8/2024  : ajout d'une photo de Mlle Audemars en 1936

La parution de l'article de Patrick et Marie Christine Bollier, Danses et frontière(s), dans les dernières Annales du Comité Flamand de France, me donne l'occasion de publier les informations sur ces deux professeurs de gymnastique, et créateurs de danses, en activité dans le Nord et le Pas de Calais au début du XXe siècle.



toutes les illustrations, collection personnelle


Henri Frédéric Audemars
Est né le 10 mars 1862,  à Le Brassus dans le canton de Vaud en Suisse. Sa famille est apparentée aux horlogers, dont la fameuse Société Audemars-Piguet, et à l'aviateur Edmond Audemars qui s'est illustré avant 1914 dans plusieurs concours aux débuts de l'aviation.
Le 1er juillet 1888, le journal La Gymnastique, annonce qu'Henri Audemars devient le directeur de la Société de Gymnastique à Arras, il était précédemment  le directeur de la Nationale de Dieppe.
Il épouse Elise Bury, née également en Suisse en 1863. Le couple aura cinq filles : Alice, secrétaire, née à Arras en 1889, † Draguignan en 1967 ; Julia, institutrice, née à Arras en 1891, † Draguignan en 1971 ; Esther, née à Arras en 1892 ; Jeanne née à Arras en 1894, décède à Draguignan en 1987 et Marguerite, professeur de gymnastique, née à Arras en 1897, † à Draguignan en 1981.
Jeanne épouse Raymond Leleu en 1920 ils ont deux enfants, dont Colette qui sera professeur d'éducation physique




 


Henri Audemars publie en 1895 la première édition d'un Recueil de Ballets et Tournois, comprenant une quinzaine de ballets, dont le Ballet des Faucheurs, musique composée par Gustave Sinclair, mentionné par P. Bollier dans son article.



Il y aura ensuite 4 rééditions (1903, 1910, 1921 et la 5e en 1926), toutes avec les 17 mêmes ballets, ce qui fait 20 publiés au total, car 3 danses de la première édition n'ont pas été reprises dans les suivantes.





Henri Audemars décède à Arras le 2 avril 1923, il était veuf depuis 1905. Son école de Gymnastique était située 10 rue de l'Abbé Halluin, le bâtiment existe toujours.

***




Sa fille cadette, Marguerite Audemars a également publié un Nouveau recueil, Danses et Ballets pour enfants et Jeunes Filles, en 1932, la seconde édition parait en 1947. Elle était professeur d'éducation physique au Collège de jeunes filles et à l'Ecole Normale d'Institutrices d'Arras, monitrice de l'Institut régional d'Education Physique de l'Université de Lille et membre diplômée de l'Union des professeurs de danse de France. Elle est morte à Draguignan en 1981.
 

 

Paul David Van Hooland
Est né à Croix le 29 novembre 1888, fils de Jean Baptiste Vanhooland, mécanicien, né à Roubaix en 1860, et Rosalie Caucheteux, née à Lannoy en 1863. Son père représente l'association de gymnastique La Patriote de Croix, à un cours des moniteurs à Roubaix en 1888. Lors de sa conscription en 1908, Paul déclare la profession d'ajusteur-mécanicien. Il épouse  en 1913 à Roubaix, Gabrielle Derbaudringhien. On n'aurait rien connu de sa pratique de la gymnastique et de la danse sans la publication de son recueil de 17 Ballets, Ballets-Pantomimes, Fééries et tournois inédits, en 1912 (il existe une seconde édition identique, non datée).




Mais la guerre va mettre un terme à son activité. Il est blessé à Mécrin (Meuse) en 1915, la jambe gauche est raccourcie de 6 cm. On le retrouve après la guerre à Paris, domicilié 202 boulevard Saint Germain, puis rue de Charonne, il est employé à la ville de Paris. Nommé 1er commis principal en 1934, il est remplacé en février 1939 après son décès que je n'ai pas encore retrouvé.

Christian Declerck

lundi 20 mai 2024

A. Peter's, professeur de danse

L'énigmatique professeur A. Peter's

par Romain Jarosz (1889-1932)
source : Dansons ! n°94

Si l'on trouve de nombreuses publications portant ce patronyme, la BNF en conserve 7, ce professeur est inconnu de l'état civil. Heureusement, ses ouvrages portent une adresse précise : 105 faubourg Saint-Denis à Paris 10e (photo ci-contre). Avec cet indice tout s'éclaire. Dans l'annuaire on trouve un certain A. F. Bigeard qui exerce cette même profession à cette adresse. L'Almanach du Commerce Parisien publie régulièrement cette annonce : Bigeard (A. F.) professeur diplômé, Faub. St-Denis, 105, près le Bd Magenta, entre les gares du Nord et de l'Est. Leçons au mois, cachets, forfait. Prix modérés. Méthode facile pour apprendre vite et bien. Toutes les danses sont démontrées pas à pas à chaque élève qui commence, dans un salon spécial. On peut assister à une leçon.

Mais ce Bigeard n'a pas été plus facile à identifier ; A. F. ? quels prénoms se cache dernière ces initiales ? Auguste François ? ou peut-être une femme, épouse d'un M. Peter's ? j'ai cherché longtemps et enfin, grâce aux fiches matricules en ligne j'ai finit par trouver le bon : François Bigeard. En fait c'est Joseph, car il est né Joseph pour simplifier les recherches, Joseph donc, est né dans le Morvan, le 25 mars 1868 hameau de Sanceray à Anost (Saône et Loire), fils de Dominique, employé au chemin de fer du Nord et Louise Desbois. La famille emménage à Paris avant 1870. En 1888, lors de son recrutement, il est domicilié à Paris 60 rue de la Chapelle, en 1892, on le retrouve 58 rue de Torcy (à deux pas de la gare du Nord), en 1894 162 rue du Faubourg Saint Honoré, il est professeur de danse. En 1903 il s'installe au 105 même rue, c'est là que le photographe Eugène Atget immortalise son enseigne. En 1904 il épouse Louise Boursier, une jeune Parisienne née le 28 juillet 1880 dans le 1er arrondissement, elle est sa partenaire dans les cours de danse. Le couple aura deux enfants : Robert (1905-1992) et Denise (1906-1996). François (Joseph) meurt à Paris le 30 octobre 1936 et son épouse à Eaubonne (Val d'Oise) le 28 juin 1966.

les seules mentions liant son patronyme, sa profession
 et son adresse
sources : actes de naissances de ses enfants
 
Son parcours de danseur commence au cours d'Eugène Giraudet, en 1895. Il a ensuite publié de nombreuses plaquettes et autres livrets de leçons de danse et Aide mémoire du parait danseur (1923) conservé au Centre National de la Danse. Mais surtout il a fondé puis dirigé pendant 6 ans, de 1922 à 1928, la revue Dansons !, 102 n° sont consultables sur le site du Centre National de la Danse, dans laquelle il publie de nombreux articles.
Christian Declerck
20 mai 2024

Photo de l'immeuble du 105 Faubourg Saint Denis, avec l'aimable autorisation du George Eastman Museum

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source : Centre national de la Danse

collection personnelle

source







mercredi 31 janvier 2024

Esclaves et danseurs par Julie Duprat

à propos de Jean-Baptiste Médor maitre à danser à Caen


c'est ICI

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En complément

"Monsieur de la cabriolle au château" l'intervention sur le même sujet, par Sylvie Granger †, au colloque Château et divertissement, Périgueux septembre 2002. publiée dans Rencontres d'Archéologue et d'Histoire en Périgord, Bordeaux, 2003, p. 129-145



fortune et santé et si tu ne part pas, la gale au dents pendent sept ans
Comtesse d'Hautefeuille, 21/4/1749

lundi 6 mars 2023

Henri Cellarius, éléments biographiques

mise en ligne le 7/4/2013
mise à jour le 11/9/2022 : ajout d'un lien sur les origines de la famille Cellarius
mise à jour le 6/3/2023 : ajout d'une gravure concernant le neveu

collection personnelle



Henri Chrétien CELLARIUS est né à Paris le 12 mai 1805, fils de Chrétien Henri et Aimée Marie Anne HUGOT. Il est danseur soliste au théâtre de Rio Janeiro* quand il y épouse le 2 octobre 1826 Hélène Marguerite MAJINOT, dite Héloïse MAGINOT, très jeune danseuse née vers 1812 à Paris, qui l'année précédente était première danseuse au Théâtre de la Gaité à Paris. Elle décède en 1848 à Meudon, son époux étant “absent depuis longtemps”. Henri se remarie en 1865 avec Marie Albertine DUPAS, professeur de danse, née à Jallieu (Isère) le 2 octobre 1836. Il est domicilié 47 rue Vivienne, à côté de sa salle de danse située au 49, c’est là qu’il décède le 19 mai 1876. Sa sœur, Louise Aimée, dite Clara, également professeur de danse au 55 de la rue Vivienne, est née le 11 février 1812 à Paris et décédée à Saint Maurice (Val de Marne) le 26 mars 1869. Elle a un fils naturel, aussi professeur de danse, Henry Alexandre CELLARIUS, dit “le neveu”, né le 10 mai 1839 à Paris 3e. Le 15 décembre 1866 il épouse Marie Alexandrine DUBREUIL, née à Saint Hélier, dans l’île de Jersey, le 9 décembre 1841. Il décède à Paris le 1er février 1902 au 25 faubourg Poissonnière.

Christian Declerck

* merci à Fernando Santos Berçot qui m'a signalé cet épisode de la vie de H. Cellarius. Plus de détails sur le séjour brésilien du couple Cellarius dans son mémoire de maîtrise "As funções do palco: Ópera, ballet e crítica de espetáculos no Rio de Janeiro do Primeiro Reinado" soutenu en mai 2013 à l'Universidade Federal do Rio de Janeiro.

L'origine allemande de la famille Cellarius est démontrée ICI, merci à Yves SCHAIRSEE





Henri Cellarius
source





L’origine du cours de valse de Cellarius

  Les Petits mystères de l





La danse des salons

 



la fin du cours Cellarius 


Paris amoureux, par Mané


Son neveu (1839-1902) prend la suite de son oncle qui lui ordonne, par voie de justice,
d'accoler la mention "neveu" sur son enseigne et sa publicité

passage de l'Opéra, galerie du Baromètre
source Gallica
merci à Agnès Unterberger qui m'a signalé 
ce document non référencé


lundi 2 janvier 2023

Lussan-Borel

Un pseudonyme très connu des danseurs et autres spécialistes des danses de salon. Son véritable patronyme l'est moins.

collection personnelle
et consultation ICI

Eugène Giraudet le mentionne dans son Traité de la danse, paru en 1900 : "par L. Labrousse, auteur, 5 bis rue Martel, Paris. Auteur d'un Traité de la danse de valse et boston, paru en 1899", il renvoie à "Labrousse" où il mentionne simplement qu'il était son élève et renvoie à Lussan-Borel. L'encyclopédie en ligne affirme qu'il s'agit de Louis Lionel né à Pointe à Pitre en 1849 et mort à Paris en 1914. Un début de piste qui m'a permis de vérifier qu'il ne s'agit pas de ce "commissionnaire en marchandises", ni de ses fils, ni de ses frères.

Une adresse trouvée grâce à Gallica m'a mis sur la bonne piste : 60 rue Turbigo, lieu du cours de danse Labrousse de Louis Labrousse, certes, mais un recensement nous précise qu'il est né en Charente Maritime en 1878.

Louis Camille Henri Labrousse est né à Saint Jean d'Angély le 2 février 1878, au moulin de Comportet, fils d'Henri (caissier, puis minotier) et Marie Jeanjean, tous deux nés en Charente-Maritime. Avec son frère, Marie Henri Etienne, né le 2 juillet 1881, au même moulin, il fonde en 1899, une Académie de danse déjà située 60 rue Turbigo. elle n'en bougera pas pendant plus de trente ans, soit bien après le décès de Louis Lionel. Mais… il y a sans doute un lien avec ce Lionel, car les Traités de danse écrits par les frères Labrousse, sont disponibles à cette adresse : Lionel Labrousse 5 bis rue Martel, adresse d'un commissionnaire qui publie de nombreuses petites annonces dans la presse spécialisée parisienne. Je n'ai pas trouvé confirmation qu'il s'agit bien de Louis Lionel Labrousse, mais… à Paris, c'est la seule personne qui porte ces prénom et patronyme et les annonces cessent en 1914, après le décès de Louis Lionel. Pourquoi ont-ils choisi ce commissionnaire comme dépositaire ? Peut-être un clin d'œil avec leur patronyme qu'ils ont pris soin de cacher par cet anagramme LUSSAN-BOREL ? Je n'ai pas trouvé non plus de lien familial entre les deux familles Labrousse.

Le fils aîné se marie deux fois, d'abord à Paris 18e avec Emma Favy en 1921, son épouse décéde en 1928, il épouse Lucienne Chauffouraux à Sèvres en 1932. Les parents de Lucienne sont originaires de Lille et Houplines. Je n'ai pas encore trouvé le décès de Louis. Son frère Marie, qui signe Etienne, épouse Yvonne Barbier à Paris 1er en 1909, il meurt à Suresnes en 1940. C'est peut-être lui qui publie une publicité pour son académie de danse en 1932. Ensuite plus de trace des deux professeurs. Yvonne est morte en 1978 à La Celle Saint Cloud, leur fille Lydia née en 1912, meurt à Montigny le Bretonneux en 1982. La dernière survivante de la famille, Lucienne, décède à Paris 4e en 1995.

Paris Adresses 1932
source Gallica






samedi 12 novembre 2022

Professeurs de danse à Saint-Omer

Dans la presse, j'ai relevé plusieurs professeurs ou maîtres de danses exerçant à Saint-Omer au début du XIXe siècle.

BERTHELEMI Jean François Joseph : ° Saint Omer vers 1775, † après 1834, épouse à Saint Omer, Marie Thérèse CARON le 16 novembre 1797 (26 brumaire an 6). Exerce aussi la profession de chirurgien.
4/6/1835 : Vente aux enchères, le mardi 16 juin 1835 d’une superbe maison, dite le salon des arts, située à St Omer, rue des Six Fontaines n°15 bis, appartenant à M. Berthelemy, professeur de danse. L’acquéreur pourra conserver la majeure partie du prix, soit pour un terme limité, soit à une rente viagère.
Mémorial Artésien du 6 juin 1835

CHRETIEN Louis Adolphe : ° Saint Omer le 19 février 1804, † après 1840, épouse à Saint Omer, Emélie Thérèse Joseph CORNET le 7 mai 1834.
Le sieur CHRETIEN-CORNET, professeur de danse avantageusement connu, Litte rue n°15, à St Omer a l’honneur de prévenir ses concitoyens qu’il donne des leçons en ville et chez lui. Il espère mériter la confiance des parents qui voudront bien lui confier leurs enfants.

Mémorial Artésien du 26 novembre 1837

Le sieur, CHRETIEN-CORNET professeur de danse, ci-devant Litte rue Haute n°15, demeure maintenant rue du Marché aux Herbes n°61, où il continuera à donner des leçons aux élèves qui lui seront confiés.

Mémorial Artésien du 30 juillet 1840


MASSET François Marie : ° Roquetoire le 22 mars 1810, † Lille le 30 mai 1875, épouse à Saint Omer, Marie Ambroisine QUENIVET le 5 septembre 1838, puis Reine Sophie DEVRIENDT le 3 octobre 1853. Exerce aussi la profession de perruquier.

M. MASSET professeur de danse, rue de Dunkerque, n°172, à St Omer, a l’honneur de prévenir qu’il recommence à donner des leçons en ville et à son domicile.

Mémorial Artésien du 17 novembre 1841


MURAS Louis Didier, dit TOURNEUR : ° Maastricht (NL) le 26 juillet 1801, † après 1870, épouse à South Brent (GB) Elizabeth BILBIE le 24 septembre 1825. Il est le fils de Jean Pierre, tambour maître, et Jeanne Joseph Victoire SIDRAC, professeur de danse, ° Douai le 19 août 1772, † Calais le 24 juillet 1853.

M. L. TOURNEUR professeur de danse à Calais, étant appelé à St Omer pour y donner des leçons, prie les familles et les pensionnats qui désireraient l’employer de s’adresser les mardi et jeudi rue Sainte Catherine, 20, rue de l’Ecritoire 6 ou au bureau du Mémorial.

Mémorial Artésien des 20, 24 mai et 3, 10 juin 1854


VENTOUILLAC Guillaume Marie : ° Lavaur (Tarn) vers 1763, † Saint Omer le 23 août 1811, épouse à Calais, Jeanne Françoise COURQUIN le 4 février 1788.

Le sieur Ventouillac, professeur de danse, ayant exercé cet art pendant 22 ans à Calais, actuellement domicilié à Saint Omer, rue du Brûle n°59, où il a ouvert sa salle, a l’honneur de prévenir ses concitoyens qu’il se transportera chez eux, lorsqu’il voudront bien l’honnorer de leur confiance qu’il espère mériter par son exactitude et sa méthode d’enseigner […]

Feuille de Saint Omer du 27 mars 1811


L'annonce détaille les danses qu'il enseignera, dont celles qui sont de sa composition :




avant son départ, sa maison de Calais est mise en vente :



Feuille de Saint Omer, 12 août 1809

on peut la localiser sur ce cadastre de 1830, peut-être la parcelle n°474 ou 475 ?




Calais, le coin de la place d'Armes vers 1930
où se situait la salle de danse Ventouillac


VIGEON Pierre Julien : ° La Lande-Vaumont (Calvados) le 8 avril 1794, † Caen le 30 avril 1868, épouse à Béthune Joséphine PÉRÈS le 12 janvier 1827, il est porteur d'un congé provisoire du 50e régiment d'infanterie de ligne à Arras.

Mr VIGEON professeur de danse et élève de l’académie, a l’honneur d’informer le public qu’il vient de se fixer en cette ville, où il propose d’enseigner aux personnes qui voudront bien l’honorer de leur confiance, toutes les danses les plus modernes, ainsi que tous les pas qui servent à donner à l’élève le maintien et les grâces toujours nécessaires à ceux qui aiment cet amusement. Sa demeure est rue Lafayette n°14, où est disposée une salle de danse.

Mémorial Artésien du 6 octobre 1831

Le sieur VIGEON, professeur de danse, rue du Mortier, n°27 à St Omer, arrivant de Paris où il a été étudier les danses les plus nouvelles, telles que les chassés et enchaînemens pour la danse de société, les galopes, les mazurk, ainsi que les danses de caractères, continue de donner des leçons chez lui et à domicile.

Mémorial Artésien du 9 septembre 1832

Le sieur VIGEON, professeur de danse, a l’honneur de prévenir qu’il a quitté sa maison, rue du Mortier, pour habiter celle rue des Clouteries n°6, à St Omer ; qu’il continuer à donner des leçons de danse tous les jours depuis six heures du soir jusqu’à neuf, et les lundi, mardi, jeudi et samedi, depuis midi jusqu’à deux heures.

Mémorial Artésien du 20 janvier 1833

Le sieur VIGEON, professeur de danse, a l’honneur de prévenir qu’il a quitté sa maison, rue de l’Arbalète, pour habiter celle du Marché aux Herbes, n°61.

Mémorial Artésien du 2 janvier 1834

Le sieur VIGEON, professeur de danse, a l’honneur d’informer qu’il vient de quitter la maison qu’il occupait Marché aux Herbes, pour habiter celle de madame veuve FUMEY, enclos de la Cathédrale, vis à vis le grand portail, où il continuera à tenir une école de danse, pendant toute l’année.

Mémorial Artésien du 30 octobre 1834

15 avril 1835 : à Dunkerque, délivrance d'un passeport pour l'intérieur, demeure à Saint Omer, porteur d'un passeport délivré à Saint Omer le 18 août 1832, allant à Paris.