lundi 28 mars 2022

Jean Henry Gourdoux, maître de danse


collection personnelle


Jean Henry GOURDOUX est né, probablement à Paris, vers 1772, il épouse Victoire Jeanne PHELUP à l'église Sainte Marguerite dans le 11e arrondissement, le 12 mai 1792, son épouse décède vers 1795. A la naissance de leur fils, Pierre Henri, né le 14 octobre 1794 à Paris, il déclare la profession de tailleur. On connait les prénoms de son père, Jean Pierre, et sa mère se nomme Clermone Agnès LAURENT, ils se sont mariés dans la petite église Saint Jean le Rond, accolée à la cathédrale Notre-Dame, en 1768. Il épouse ensuite Catherine Françoise DAUX le 22 février 1796 dans le 6e arrondissement (ancien). Jean Henri meurt à Paris 1er, impasse d'Antin le 4 mai 1841, sa profession est mécanicien.
Son fils continue les activités chorégraphiques de son père, il est professeur de danse 320 rue Saint Honoré où il donne des leçons. Pierre Henri épouse, vers 1820, Elisabeth TOMBS née à Whitchurch (Hereforfshire) vers 1796. Il est mort à Neuilly sur Seine en 1848, son épouse à Paris 7e en 1871. Ils ont deux enfants : Jean Henri né en 1824, mort en 1846, qui est danseur de ballet. Il débute son éducation à l'âge de 12 ans, on relève sa participation au ballet-pantomine Le Diable Amoureux, donné à l'Académie royale de musique en septembre 1840. Son second fils,  Jean Marie est né en 1826 320 rue St Honoré, il meurt en 1886 dans le 15e arrondissement, 22 rue des Fourneaux, on sait qu'il était mercier colporteur, il épouse à Paris en 1849, Rose Julie BERNIER, née à La Chapelle d'Andaine (Orne) en 1822, elle meurt en 1891 dans le 6e arrondissement, sans postérité à ma connaissance.

En 1804, Jean Henry fait imprimer la première édition de Principes et notions élémentaires sur l'art de la danse pour la ville, qui n'a pas été rendue publique, comme c'est mentionné sur la seconde édition éditée en 1811, conservée à la BNF.

En 1821 il dépose un brevet d'invention de 5 ans pour un cheval mécanique qu'on peut diriger et gouverner à volonté.

C'est tout ce que l'on sait de l'activité professionnelle de Jean Henri. Son fils a un meilleur sens de la publicité. De 1826 à 1832,  Pierre Henri fait paraître des annonces dans le Figaro et, de 1827 à 1830, dans le journal Le Corsaire ainsi que dans Le Courrier Français de 1829 à 1840. Où il détaille, un peu, ses activités et leur fonctionnement. Il annonce aussi la publication d'un livre : Description des figures les plus usitées de la contredanse française (quadrille). On y trouve aussi ce livret Différens enchainemens de pas réglés en quatre mesure, selon la règle, et pour les principaux traits de la contredanse, dont on ne sait qui, du père ou du fils, en est l'auteur.



Sources : le Fonds Andriveau, sur Filae et les archives en ligne de la mairie de Paris. Les archives de l'Orne et des Hauts de Seine, et l'étude d'Irène Feste et Pierre-François Dollé Evolution de la danse de bal sous le Premier Empire.

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Une sélection d'annonces relevées dans la presse












samedi 26 février 2022

la famille Casorti, danseurs de corde, professeurs de danse, compositeurs

Les Casorti, une famille d'artistes au XIXe siècle. De la Vénétie à Hamelincourt" cet article d'un chercheur en archéologie, Markus KOHL domicilié à Hamelincourt, est publié en 2018 dans le volume XXXIV du Bulletin de la Commission Départementale d'Histoire et Archéologie du Pas de Calais*. Il nous fait découvrir une famille d'artistes d'origine italienne ayant des liens très forts avec notre région 59/62.


lithographie : l'Allemande à trois,
dansée par Alexandre, Victoire et Thérèse Casorti




* nota : voir leur site


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Un entretien avec l'auteur à 15' 24'' dans le Média Intercommunal du Sud-Artois sur l'origine de cette découverte



L'Echo du Pas de Calais n°179


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Une œuvre d'Alexandre Casorti (1830-1867) Fleurs du Nord, publiée à Dresde vers 1850

source

Une affiche pour un spectacle à Calais le 5 juin 1816, publié dans The pre-romantic ballet, par Marian Hannah Winter, l'auteur ne mentionne pas la source, peut-être dans une collection privée ?. A noter que ce même spectacle avait été donné à Arras le 17 mars de la même année (source).

Victoire Casorti danse La Suédoise
Alexandre Casorti danse Le Pas de Zéphir
Etienne et Thérèse dansent un pas de deux villageois


Un spectacle des Casorti au théâtre de Saint-Omer en 1830

Le Mémorial Artésien 28 octobre 1830
source


Merci à Marie-Christine et Patrick Bollier pour les documents et informations partagés


jeudi 24 février 2022

Marie et Adolphe Debrière, à Amiens

mise à jour le 24/2/2022 : ajout de 2 partitions
mise à jour le 9/11/2019 : fusion de Jean et Jacques Debrière
publication le 22/5/218

Adolphe Debrière compositeur de musiques de danses de salon
chorégraphiées par son épouse Marie Hesteau

source : Gallica
Jacques Debrière, père d'Adolphe, est né en 1819 à Limons en Auvergne. Il est soldat musicien quand il se marie à Amiens en 1846 avec Marie Niquet. Son épouse meurt six ans plus tard, ils ont une fille, Céline née en 1844, dont je n'ai pas retrouvé la trace. Jacques se remarie à Amiens en 1853 avec Zoé Deliège, il est professeur de musique, domicilié 6 place Saint Denis où nait Adolphe le 4 mai 1854. On ne sait rien de la formation musicale d'Adolphe, il l'a probablement reçue de son père qui décède en 1891, 32 rue Caumartin, par contre on sait qu'il aime les voyages. En 1882, il est domicilié à Orléans, 32 quai St Laurent et exerce la profession d'artiste lyrique. Il dirige une troupe artistique qui se produit au Concert de la Chancellerie tenu par Alexandre Groléziat. En avril 1882 "M. Grosléziat, directeur du concert de la Chancellerie, a organisé dans son établissement, avec le concours de M. Debrière et  Armand, une souscription au profit des familles des naufragés du Havre. Il a été recueilli une somme de 45 francs, qui a été envoyée immédiatement à destination". le 25 mai on apprend que les directeurs s'associent pour ouvrir un café-concert qu'ils nomment simplement Chancellerie-Concert "La foire du Mail possèdera un véritable café-concert, qui s'intitule Chancellerie-Concert, et sera dirigé par MM. Grosleziat et Debrière et administré par M. Armand. Outre MM. Armand, Laurent, Borrus et Léon, Mlles Andrée Briedge, Paola, Delabouère et Sylvia, chanteurs et chanteuses en différents genres, M. et Mad. Dorfini, couple d'opérette, Mlle Dora, chanteuse d'opérette et travestie, la troupe comprend M. Fruton, un équilibriste aérien des Folies Bergères et des Ambassadeurs, et Miss Louisa Patti, danseuse américaine. Avec de tels éléments, le succès de Chancellerie-Concert est assuré".

Adolphe se fixe à Orléans, en 1884 il épouse Marie Hesteau, née à Chateau-Gontier (Mayenne) en 1855. Le Journal du Loiret relate les nombreux concerts auxquels participe Adolphe Debrière, d'abord comme accompagnateur au piano, puis rapidement comme chef d'orchestre de l'Alliance Musicale d'Orléans. En mai 1886, les époux Debrière reprennent un fonds de commerce de café-limonadier, le Café du Martroi situé au 14 de la place du Martroi. Mais en janvier 1887, Adolphe fait une déclaration de faillite et son épouse obtient une séparation de biens.



Orléans, place du Martroi



Adolphe reprend la baguette de la Lyre Orléanaise et continue d'accompagner au piano les nombreux concerts qui sont organisés dans la région, à Saint Péravy la Colombe, Patay, Meug et Jargeau. Le 11 avril 1889 il est le chef d'orchestre de l'Union Orléanaise, c'est sa dernière prestation, car on ne relève plus de mention de sa présence à Orléans dans la presse. Seul l'annuaire nous confirme son domicile vers 1890, 261 rue de Bourgogne.
Le couple s'est-il réconcilié ? Car il réapparaît à Amiens vers 1891/92, où sont publiées plusieurs partitions, ils sont alors domiciliés 40 rue Caumartin. En 1895, Eugène Giraudet, dans son Traité de la danse, nous précise qu'Adolphe et Marie sont domiciliés à Amiens, 32 rue de l'Amiral Lejeune, et à Abbeville, 7 rue St Gilles. Les recensements de 1903 et 1911 nous donnent le même domicile à Amiens. Son épouse est mentionnée comme professeur de danse à la même adresse. Adolphe décède à Long (80) le 3 avril 1919.
Durant son séjour à Orléans Adolphe Debrière a beaucoup composé et interprété ses œuvres. Grace aux programmes détaillés publiés dans la presse j'ai pu en relever les titres. Il a également édité plusieurs de ses compositions, dont une seule est conservée à la BNF. Son épouse en a chorégraphié une dizaine : Célèbre Berline, l'Eolienne, La Japonaise, Mondaine-Berline, La Moscovite, le Nouveau Lancier, Le pas de Huit, le Pas de Trois, La Tarentelle des salons et la Volta. La théorie de La Japonaise est signée Jeanne Debrière, je n'ai pas pu l'identifier. 23 partitions éditées à Amiens en 1890, ont pour compositeur Jean Debrière, domicilié 32 rue Caumartin, c'est le père d'Adolphe, officiellement prénommé Jacques, mais mentionné comme Jean sur l'acte de mariage de 1884. Il meurt à Amiens en 1891 au 32 rue Caumartin.
Marie Hesteau se remarie en 1920 avec François Peltier, ouvrier terrassier au Chemins de Fer du Nord, né à Cambon (80) en 1877. Le couple tient un restaurant sur la place du village. Je n'ai pas  encore trouvé son décès.

Christian Declerck

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Les œuvres d'Adolphe et Marie Debrière


Abandonnée, valse (ca 1900)
Air varié (1885)
Allegro (1885)
Allegro final (1887)
L'Anneau d'or, ouverture (1887)
Atchi, polka originale (1888)
Au temps jadis, pot pourri (1887)
L'Alliance, fantaisie marche (1887)
L'Alliance musicale, ouverture pour orchestre (1884)
L'Alliance Orléanaise, fantaisie-ouverture (1885)
L'Assommoir, ouverture pour orchestre (1884)
Les Baisers, mazurka (1888)
Boule de gomme, polka (ca 1893)
Bouquet d'orties, fantaisie polka (1885)
Le Carnaval d'Orléans, fantaisie (1887)
Le Caprice, fantaisie mazurka (1884)
Célèbre berline, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900, 1928 ?)
Ce n'est rien !!!, grand quatuor, paroles et musique de Debrière (1887)
Chanson bretonne, fantaisie pour hautbois (1889)
Les chants d'autrefois, les chants d'aujourd'hui, comparaison musicale (1887)
Les Charmes de la vie, fantaisie pour piano (1886)
Cœur de marbre, valse (ca 1893)
Coupe brisée, polka (ca 1893)
Dans les blés, chanson valse (1885)
Dans tes bras (ca 1893)
Dépêches de Guillaume à sa chère Augusta, chansonnette, paroles de MM. X*** et Calland (ca 1870)
Dis toujours, polka (ca 1900)
Divertissement sur le piano (1887)
Douce nuit d'Italie, fantaisie pour piano (1885)
Doux regard, mazurka (ca 1893)
Drôlatique, polka pour xilophone (1887)
En Crimée, marche et retraite (1886)
L’Eolienne, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
La Fête des musiciens, fantaisie  (le réveil, entrée de la fanfare, cris de joie, prière, scandale à l'Orchestre, marche de Ste Cécile) (1885)
Fantaisie arabe (1885)
Faust, fantaisie pour piano (1888)
Fleur d’amour, valse (ca 1900)
Fleur des genêts, villageoise (1887)
Gigue française (ca 1900)
Grande symphonie (introduction, le chant du troubadour, ronde enfantine, la France qui parle, l'orage, prière, chant de guerre, départ des soldats) (1888)
Gracieux sourire, mazurka (ca 1900)
L'Ile-Arrault, fantaisie inédite (1885)
In-extremis, chanson (1885)
Jeanne d'Arc, polka (ca 1893)
La Japonaise, gavotte valse, théorie de Mme Debrière, directrice de l'Ecole Chorégraphique d'Amiens, théorie de Jeanne Debrière (ca 1900)
Jolie Picarde, schottisch (ca 1900)
La Lyre, marche (1887)
Ma Jeanne, grande valse inédite (1887)
Marche (1885)
Marche finale (18889)
Marche du soldat (1885)
Mariette, schottisch (ca 1900)
La Marocaine (ca 1900)
Mi bémol, polka du Faulcon noir (1885)
Mondaine-berline, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
La Moscovite, nouvelle danse de salon avec théorie (ca 1893)
Le Mot de la fin, marche (1887)
Les Mystères de la valse (1886)
Les Nations, pot pourri (1885)
Le Nouveau Lancier, nouveau quadrille anglais avec théorie (ca 1893)
Olivert aller et retour, fantaisie (1887)
L'Orléanaise, marche de la Lyre (1887)
L'Ouverture du Fileur (1888)
Le Pas de huit,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Le Pas de trois,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Pauvre Jacques, ouverture (1888)
Premier baiser, impromptu (1884)
Rêve du printemps, pour piano et orchestre (1888)
La Révolte aux enfers, fantaisie originale inédite (1885)
Les Solistes, air varié (1887)
La Saint Hubert, symphonie en trois parties, paroles de P. Lamané (1889)
Simple comparaison, paroles de Benistand, musique de M Debrière fils, chez Debrière à Amiens, (ca 1870)
Sous le marronnier, chanson, paroles et musique de Debrière (1887)
Souvenir de Béranger, ouverture pour orchestre (1884)
Sur le Loiret, barcarole (1884)
Les Systèmes Balandard, chansonnette comique (1885)
Tarentelles des salons,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Tête à tête, polka (ca 1893)
Tu seras soldat, pas redoublé, Hommage au lieutenant Lavisse du 8e b[ataill]on de chasseurs". Amiens (1893)
Valsez ma belle (ca 1900)
Le Vendômois (1884)
Vers toi, mazurka (ca 1900)
La Volta, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Xylophone, polka (1887)





collection personnelle


collection particulière





dimanche 12 décembre 2021

François HANOT (1697-1770) maître de danse et compositeur

Compositeur et violoniste français. Il vécut d'abord dans sa ville natale, puis à Lille et enfin à Tournai. A ne pas confondre avec un homonyme qui était un ordinaire de la musique royale, il fut actif comme professeur de violon et de danse dans les collèges et monastères, à Rouen, Mons et ailleurs ; il se faisait appeler « maître de danse et de violon, pensionné des Dames de Marquette pour y enseigner à danser aux demoiselles pensionnaires » et « maître de ballets qui se font dans les tragédies des collèges des RR.PP. Jésuites et Augustins. Il semble avoir suivi cette carrière aussi bien à Lille qu'à Tournai, où, après une pétition de 1742, il est mentionné comme maître de danse et de violon. La ville lui accorda une pension substantielle qui continua d'être versée à sa veuve. La réputation de Hanot semble avoir atteint Paris à l'époque de la parution des « Airs » qui font partie des… (extrait du dictionnaire Grove)

source : Gallica

François Charles HANOT est né à Dunkerque le 10 juillet 1697, fils de Charles, joueur de violon, né à Rivière (Pas de Calais) vers 1675, décédé à Namur vers 1758 et de Marie GALLOT, née à Thiembronne (Pas de Calais) vers 1670. Hélas, ces quelques compositions conservées à la BNF ne nous permettent pas d'imaginer le répertoire de danse de François HANOT. Il épouse à Lille le 29 octobre 1724 en l'église Saint Maurice Marie Hélène ALEXANDRE dont je n'ai pas retrouvé la naissance, ni le décès. François HANOT est mort à Tournai le 26 février 1770.

Sa sœur, Marie Joseph épouse Jean Baptiste SOHIER, qui sont les parents de Charles Joseph Balthazar SOHIER, violoniste, organiste et compositeur né à Lille le 6 janvier 1728, et décédé dans la même ville le 29 juin 1759. A propos de celui-ci, le même dictionnaire Grove nous donne cette notice : En mars 1750, il joua deux fois au Concert Spirituel de Paris avec « le plus grand succès » ; le Mercure de France mentionne qu'il est alors premier violon au Concert de Lille. Sohier reçoit un privilège général le 31 décembre 1749 et publie l'année suivante ses Six sonates à violon seul et basse continue op.1 à Paris. Il a publié au moins deux autres séries d'œuvres : Simphonies à quatre parties op.2 (c1751) et Six sonates à deux violons op.4 (c1752–4). Il ne semble y avoir aucune trace d'un op.3. Au moment de sa mort, Sohier était organiste à St Pierre à Lille. On l'appelait « l'aîné » pour le distinguer d'un frère cadet, également violoniste, lié au Théâtre de Lille.

On peut écouter quelques extraits de sa Symphonies à quatre parties ICI et consulter la partition ICI




lundi 10 mai 2021

Les brevets de danses du XIXe siècle


Les brevets de danse du XIXe siècle

par Didier LHOTTE

Proposé sous Louis XIV vers 1692, fortement recommandé et rendu obligatoire par Louvois en 1751, l’enseignement militaire de la danse est réservé jusqu’à la Révolution Française, aux officiers et aux jeunes issus de la noblesse. La Révolution Française va étendre cet enseignement aux hommes de troupes. Lors d’un examen appelé assauts de danse, on pouvait obtenir les brevets de prévôt de danse et de maître de danse.

Le présent ouvrage recense plus d’une soixantaine de brevets délivrés dans toute la France et présente l’histoire de l’enseignement militaire de la danse et son apport aux traditions populaires dans trois régions : la Soule au Pays Basque, la Provence et la Sarthe. 

Ce beau livre de 120 pages contient 72 reproductions en couleurs de brevets de toute la France.

Editions Chants et Danses de France
Couverture souple, 120 pages, quadrichromie
Prix: 22 € + 8 € de frais de port

ISBN 2-912495-06-7

Editions Chants et Danses de France
14, rue du cleux, 02290 Ressons le long, France
contact@chants-danses-france.com

03 23 74 22 82

vendu à Drouot


dimanche 14 mai 2017

François Bayrou, professeur de danse

En 1900, quand Eugène Giraudet publie le deuxième tome de son Traité de la danse […] depuis le singe jusqu'à nous, il n'a pas été informé de la création d'un cours de danse à Toulouse, en 1894, par un jeune professeur de gymnastique.

in L'Express du Midi


François Bayrou est né en 1858 dans le petit village des Barthes, canton de Castelsarrasin, dans le Tarn et Garonne, fils de François, cultivateur et Jeanne Lasserre. Au moment de sa conscription il est cultivateur en Gironde, à Saint Pierre de Mons, près de Langon. Il est incorporé au 99e de ligne en 1879, il a le grade de sergent fourrier quand il est libéré en 1882.
Dès 1884 il est mentionné dans la presse comme professeur de gymnastique, 23 rue des Potiers à Toulouse. En 1885 il épouse Anne Marie Rey (tailleuse), née à Toulouse en 1863. En 1891 le couple est recensé au 66 rue de la Pomme, avec leur deux enfants, Jeanne et Georges, le chef de famille est professeur de danse.


in L'Art Méridional


François Bayrou ouvre un cours de danse au n° 4 de la petite rue St Rome en 1894. L'année suivante il publie sa première danse : La Moscovite, Moskvitchka, nouvelle danse russe, dédiée à sa Majesté l'Impératrice de Russie, sur une musique de Jean Darquier.
Les cours fonctionnent très bien puisqu'il doit les transférer dans une salle plus grande au 15 rue Lafayette en 1896, il y restera jusque vers 1925.



collection personnelle


En 1897, c'est la publication de L'Alliance, Nouvelle danse Franco-Russe, en hommage à leurs Altesses Impériales les Grandes Duchesses Olga et Tatiana, dont il offre un exemplaire à la Bibliothèque de sa ville. En août 1899, un deuil cruel frappe la famille Bayrou, Marcelle, la petite dernière, âgée de 4 ans, tombe à travers une verrière en voulant suivre son chat. En souvenir de leur petite "Mignon" François Bayrou compose une danse Mignon-Coquette qu'il publie en 1901.
Ensuite les manifestations s'enchaînent chaque année : bals pour enfants, bals travestis, etc. Entre temps François Bayrou obtient le poste de professseur de gymnastique et de danse au Lycée de Toulouse
En 1925, l'Amicale des Anciens Elèves organise un Bal travesti : Le Comité de l’A. des A. E. du professeur Bayrou, afin de prouver sa reconnaissance à ses fidèles habitués dont le nombre augmente sans cesse, a tenu à donner au bal du 21 mars un éclat particulier. Deux orchestres : l’un symphonqiue, l’autre moderne jazz, joueront sans interruption jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le président d’Honneur, M. Bayrou, désirant ajouter à cette soirée moderne une charmante vision des danses d’autrefois, se propose de faire danser et de danser lui-même en compagnie de ses gracieuses anciennes élèves, en costume de l’époque, Le Menuet de la cour, la Gavotte Louis XV, la Pavane Henri III. Ces danses des 16e et 18e siècles seront présentées par M. R. Loubié, l’artiste dramatique bien connu. La Pavane, la Gavotte et plusieurs valses lentes seront chantées par la talentueuse mezzo-soprano Mme Cazenave-Campa (L'Express du Midi).
En 1926, c'est encore lui qui organise un bal de bienfaisance dans les salons du Grand Hôtel, pour le Club Universitaire Egyptien, mais en décembre 1927 on apprend son décès à Paris, 12 rue de l'Assomption chez sa fille Jeanne, professeur de gymnastique au Lycée Molière. Les funérailles ont lieu le 17 à l'église St Aubin de Toulouse.

Christian Declerck



source : Gallica



collection personnelle





lundi 11 janvier 2016

Edouard KEVERS, compositeur, professeur de danse et de maintien


collection personnelle
Principalement connu pour être l'auteur de la danse L’Ostendaise, qu’il a composée vers 1860 pour les bals d’enfants du casino d’Ostende, Edouard Auguste Pierre KEVERS est né à Ostende le 7 mai 1810*, de Philippe Jacques, perruquier, et Thérèse Constance JACQUYMIS. Lors de son premier mariage, à Bruxelles en 1839 avec Anne ANDRIES, on apprend que le père d’Edouard est devenu maître de danse à Bruges. Un des frères d’Edouard, Philippe Jacques, dit aussi Philippe Bernard, est professeur de danse, comme nous l’indique son acte de mariage en 1834, à Bruges avec Sophie HALVOET.
A cette époque, le jeune Edouard est professeur de musique à Bruxelles, domicilié rue de la Putterie. En 1840 un annuaire le mentionne 28 rue de Laeken.

En 1846 “M. Kevers, professeur de maintien et chef d’orchestre, qui a dirigé cet hiver un grand nombre des principales soirées de la capitale, avait dédié à Mme la princesse de Chimay plusieurs morceaux de sa composition, exécutés à la fête donnée dernièrement à l’Hôtel de Chimay. Mme la princesse lui a fait remettre une épingle de prix, à laquelle était joint un billet de sa main, des plus flatteurs pour l’artiste auquel il est adressé”.

Collection particulière

On voit que le musicien avait le sens de la publicité, comme le confirment les nombreuses cartes de visite, appelées carte porcelaine, que l’on peut encore trouver de nos jours, et qui ont certainement été distribuées massivement dans la capitale, avec une adresse, 5 rue des Paroissiens, que je n’ai pas encore réussi à dater, mais certainement antérieure à 1851, année de son arrivée au 8 de la rue du Parchemin, où il ouvrira la salle qui sera un lieu important de diffusion de la musique et de la danse à Bruxelles dans la deuxième moitié du XIXe siècle.

En 1857, dans un entrefilet paru dans le Journal de Bruxelles, on connait mieux la valeur des cadeaux reçus par le musicien en récompense de ses services : Mme la princesse de Chimay vient d’envoyer à M. Kevers une magnifique épingle en rubis et diamant. Ce cadeau est un témoignage de satisfaction que Mme la princesse a accordé à l’habile professeur pour le talent avec lequel il a dirigé sa soirée musicale du 19 février. En 1859 c’est chez le comte de Liedekerke qu’il dirige l’orchestre de la soirée dansante. Edouard Kevers continue donc d’être au service des aristocrates belges, ce qui l’aidera certainement à devenir le directeur des bals du Casino d’Ostende.



collection personnelle




l'Ostendaise à 18'05""


C’est dans le Journal de l'Imprimerie de 1864 que j'ai trouvé la première mention de la publication de l’Ostendaise, nouvelle danse dédiée aux enfants, d’abord éditée à compte d’auteur, à son adresse 8 rue du Parchemin, elle le sera ensuite par J. B. Katto, Galerie du Roi, 10, à Bruxelles, avec une version intitulée Ostendaise figurée. Mais ce musicien n’était pas, on l’a vu plus haut, à sa première composition. Il avait déjà fait éditer à Bruxelles en 1856 : Les Cloches de Noël, redowa, et Serain-Champs, polka-mazurka, chez MEERENS, ainsi que La Cloche de Mariakerke, polka-mazurka, chez J. B. KATTO en 1863. L’Ostendaise sera dansée tout au long du XIXe siècle et deviendra même un genre très prisé dans les salons belges et français. Je possède deux partitions inspirées du même sujet : La Flamande, de F. BOISSON, éditée à Paris chez Margueritat et L’Elégante Ostendaise, de L. DEMORTREUX, éditée chez Emile Benoit à Paris, il en existe sans doute d’autres, comme celle de Savin Balonchard.


collection personnelle

 Gallica

Eugène GIRAUDET, dans son Traité de la Danse, cite d'autres danses composées par E. Kevers et éditées chez Katto ou Schott : La Colonne-Mazurka, danse Espagnole, La Bruxelloise et l'Ostendaise Valsée.

La presse se fait écho des manifestations organisées dans la salle désormais appelée salle Kevers, par exemple, en 1880, la première séance de musique de chambre donnée par le quatuor du Conservatoire, expérience renouvelée en 1882 auquel s’ajoute les artistes M. et Mme Blauwaert-Staps et M. Jokish. En 1883 s’y produit un jeune pianiste prodige de 13 ans, M. Hubert Flohr, avec au même programme M. Agniez, baryton, et M. de Pettyko, violoniste que l’on retrouve la même année dans un autre concert avec la cantatrice italienne Mme Gaetanina Friggeri.
En mai 1891 le Journal de Bruxelles annonce le décès de M. Kevers Une physionomie très connue par tout Bruxelles, et on peut dire même dans toute la Belgique : il avait initié trois générations aux mystères de la danse noble […] Il n’avait pas tardé de venir s’établir à Bruxelles et il s’était installé, dès 1851, dans la maison de la rue du Parchemin où se trouve, accotée à un jardin minuscule, cette fameuse “salle Kevers”, abri successif des conférenciers, des musiciens, des réunions dansantes, politiques ou prédicantes [sic]. Karl Lustner nous précise, dans sa liste des musiciens morts en 1891, qu’Edouard Kevers est décédé le 15 mai.


La Saison d'Ostende
23 août 1898
De son second mariage, vers 1851, avec Anne NAGELS, nait un fils, Adolphe Edouard André, en 1853. Des amis chercheurs, Marie-Christine et Patrick Bollier, m’ont signalé la présence de M. et Mme Vandermeerschen-Kevers, directeurs des bals du Kursaal d’Ostende au début du XXe siècle. C'est la fille d’Edouard, Mélanie, née d'un "troisième lit". Lors du mariage, en 1873, le couple reconnait leur fille née en 1860, la mère, Marie GAUDEUS était alors la servante du professeur de danse. En 1878 Mélanie KEVERS anime avec son père, un bal pour enfant au Kursaal d'Ostende. En 1891, avec son mari, Gustave VANDERMEERSCHEN, ils reprendront la succession de M. DURIEZ, le professeur de danse du Casino et du Kursaal.
La Revue et Gazette Musicale de Paris nous signale qu'une demoiselle Kevers, dont on ignore le prénom, jeune et jolie personne, qui a de l'intelligence et un sentiment fin et délicat a obenu un second [prix de chant] au Conservatoire de Bruxelles en 1844 et un premier prix en 1845. La recherche continue.


Christian Declerck

* et non le 18 mai 1809 comme l'a repris Flavie Roquet dans le Lexicon Vlaamse componisten geboren na 1800, publié en 2007.

Sources principales : état civil d’Ostende, Bruges et Bruxelles ; les journaux: la Saison d'Ostende, l'Echo d'Ostende et le Journal de Bruxelles