dimanche 14 mai 2017

François Bayrou, professeur de danse

En 1900, quand Eugène Giraudet publie le deuxième tome de son Traité de la danse […] depuis le singe jusqu'à nous, il n'a pas été informé de la création d'un cours de danse à Toulouse, en 1894, par un jeune professeur de gymnastique.

in L'Express du Midi


François Bayrou est né en 1858 dans le petit village des Barthes, canton de Castelsarrasin, dans le Tarn et Garonne, fils de François, cultivateur et Jeanne Lasserre. Au moment de sa conscription il est cultivateur en Gironde, à Saint Pierre de Mons, près de Langon. Il est incorporé au 99e de ligne en 1879, il a le grade de sergent fourrier quand il est libéré en 1882.
Dès 1884 il est mentionné dans la presse comme professeur de gymnastique, 23 rue des Potiers à Toulouse. En 1885 il épouse Anne Marie Rey (tailleuse), née à Toulouse en 1863. En 1891 le couple est recensé au 66 rue de la Pomme, avec leur deux enfants, Jeanne et Georges, le chef de famille est professeur de danse.


in L'Art Méridional


François Bayrou ouvre un cours de danse au n° 4 de la petite rue St Rome en 1894. L'année suivante il publie sa première danse : La Moscovite, Moskvitchka, nouvelle danse russe, dédiée à sa Majesté l'Impératrice de Russie, sur une musique de Jean Darquier.
Les cours fonctionnent très bien puisqu'il doit les transférer dans une salle plus grande au 15 rue Lafayette en 1896, il y restera jusque vers 1925.



collection personnelle


En 1897, c'est la publication de L'Alliance, Nouvelle danse Franco-Russe, en hommage à leurs Altesses Impériales les Grandes Duchesses Olga et Tatiana, dont il offre un exemplaire à la Bibliothèque de sa ville. En août 1899, un deuil cruel frappe la famille Bayrou, Marcelle, la petite dernière, âgée de 4 ans, tombe à travers une verrière en voulant suivre son chat. En souvenir de leur petite "Mignon" François Bayrou compose une danse Mignon-Coquette qu'il publie en 1901.
Ensuite les manifestations s'enchaînent chaque année : bals pour enfants, bals travestis, etc. Entre temps François Bayrou obtient le poste de professseur de gymnastique et de danse au Lycée de Toulouse
En 1925, l'Amicale des Anciens Elèves organise un Bal travesti : Le Comité de l’A. des A. E. du professeur Bayrou, afin de prouver sa reconnaissance à ses fidèles habitués dont le nombre augmente sans cesse, a tenu à donner au bal du 21 mars un éclat particulier. Deux orchestres : l’un symphonqiue, l’autre moderne jazz, joueront sans interruption jusqu’à une heure avancée de la nuit. Le président d’Honneur, M. Bayrou, désirant ajouter à cette soirée moderne une charmante vision des danses d’autrefois, se propose de faire danser et de danser lui-même en compagnie de ses gracieuses anciennes élèves, en costume de l’époque, Le Menuet de la cour, la Gavotte Louis XV, la Pavane Henri III. Ces danses des 16e et 18e siècles seront présentées par M. R. Loubié, l’artiste dramatique bien connu. La Pavane, la Gavotte et plusieurs valses lentes seront chantées par la talentueuse mezzo-soprano Mme Cazenave-Campa (L'Express du Midi).
En 1926, c'est encore lui qui organise un bal de bienfaisance dans les salons du Grand Hôtel, pour le Club Universitaire Egyptien, mais en décembre 1927 on apprend son décès à Paris, 12 rue de l'Assomption chez sa fille Jeanne, professeur de gymnastique au Lycée Molière. Les funérailles ont lieu le 17 à l'église St Aubin de Toulouse.

Christian Declerck



source : Gallica



collection personnelle





samedi 4 mars 2017

Henri Audemars et Paul Van Hooland



La parution de l'article de Patrick et Marie Christine Bollier, Danses et frontière(s), dans les dernières Annales du Comité Flamand de France, me donne l'occasion de publier les informations sur ces deux professeurs de gymnastique, et créateurs de danses, en activité dans le Nord et le Pas de Calais au début du XXe siècle.



toutes les illustrations, collection personnelle


Henri Frédéric Audemars
Est né le 10 mars 1862,  à Le Brassus dans le canton de Vaud en Suisse. Sa famille est apparentée aux horlogers, dont la fameuse Société Audemars-Piguet, et à l'aviateur Edmond Audemars qui s'est illustré avant 1914 dans plusieurs concours aux débuts de l'aviation.
Le 1er juillet 1888, le journal La Gymnastique, annonce qu'Henri Audemars devient le directeur de la Société de Gymnastique à Arras, il était précédemment  le directeur de la Nationale de Dieppe.
Il épouse Elise Bury, née également en Suisse en 1863. Le couple aura cinq filles : Alice, secrétaire, née à Arras en 1889, † Draguignan en 1967 ; Julia, institutrice, née à Arras en 1891, † Draguignan en 1971 ; Esther, née à Arras en 1892 ; Jeanne née à Arras en 1894, décède à Draguignan en 1987 et Marguerite, professeur de gymnastique, née à Arras en 1897, † à Draguignan en 1981.
Jeanne épouse Raymond Leleu en 1920 ils ont deux enfants, dont Colette qui sera professeur d'éducation physique




 


Henri Audemars publie en 1895 la première édition d'un Recueil de Ballets et Tournois, comprenant une quinzaine de ballets, dont le Ballet des Faucheurs, musique composée par Gustave Sinclair, mentionné par P. Bollier dans son article.



Il y aura ensuite 4 rééditions (1903, 1910, 1921 et la 5e en 1926), toutes avec les 17 mêmes ballets, ce qui fait 20 publiés au total, car 3 danses de la première édition n'ont pas été reprises dans les suivantes.





Henri Audemars décède à Arras le 2 avril 1923, il était veuf depuis 1905. Son école de Gymnastique était située 10 rue de l'Abbé Halluin, le bâtiment existe toujours.

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Sa fille cadette, Marguerite Audemars a également publié un Nouveau recueil, Danses et Ballets pour enfants et Jeunes Filles, en 1932, la seconde édition parait en 1947. Elle était professeur d'éducation physique au Collège de jeunes filles et à l'Ecole Normale d'Institutrices d'Arras, monitrice de l'Institut régional d'Education Physique de l'Université de Lille et membre diplômée de l'Union des professeurs de danse de France.

Paul David Van Hooland
Est né à Croix le 29 novembre 1898, fils de Jean Baptiste Vanhooland, mécanicien, né à Roubaix en 1860, et Rosalie Caucheteux, née à Lannoy en 1863. Son père représente l'association de gymnastique La Patriote de Croix, à un cours des moniteurs à Roubaix en 1888. Lors de sa conscription en 1908, Paul déclare la profession d'ajusteur-mécanicien. Il épouse  en 1913 à Roubaix, Gabrielle Derbaudringhien. On n'aurait rien connu de sa pratique de la gymnastique et de la danse s'il n'avait pas publié un recueil de 17 Ballets, Ballets-Pantomimes, Fééries et tournois inédits, en 1912 (il existe une seconde édition identique, non datée).




Mais la guerre va mettre un terme à son activité. Il est blessé à Mécrin (Meuse) en 1915, la jambe gauche est raccourcie de 6 cm. On le retrouve après la guerre à Paris, domicilié 202 boulevard Saint Germain, puis rue de Charonne, il est employé à la ville de Paris. Nommé 1er commis principal en 1934, il est remplacé en février 1939 après son décès que je n'ai pas encore retrouvé.

Christian Declerck