samedi 7 avril 2012

Gustave DESRAT, éléments biographiques

mise à jour février 2016 :

Gustave Alexandre DESRAT est né à Paris le 7 septembre 1831. Il est le fils de Georges Gabriel, professeur de danses, et Henriette Virginie CLAIRET, domiciliés 10 rue Saint-Guillaume, dans le 7e arrondissement de Paris, d'après le Bottin de 1842.
Le 13 juin 1857 il épouse Adélaïde Louise Christine Éverardine MAYER à la mairie du 10e arrondissement. Leur fille, Gabrielle Louise Henriette, est née le 11 octobre 1858 au domicile de ses parents, 40 rue des Saints-Pères, dans le 7e arrondissement, adresse qui est toujours celle du vieux professeur en 1909. Le 16 juillet 1881 à Paris, Gabrielle DESRAT épouse Georges Antoine CHARASSÉ, directeur du manège du théâtre du Châtelet, né à Thiers en 1848 il est le fils de Louis Alexandre, professeur d'équitation.

En 1905 Gustave DESRAT vitupère toujours les nouvelles danses à la mode :
"Le cake-walk est détrôné... Voici venir le règne de la mattchiche,
— Qu'est-ce que cela ? direz-vous
C'est un autre genre de danse et une autre abomination. Cela fait fureur. C'est étrange, incohérent. Et c'est contagieux aussi :

C'est la danse nouvelle, — mademoiselle ;
Ainsi qu'une Espagnole — vibrante et folle,
Il faut cambrer la taille — d'un air canaille.
Cett' danse qui nous aguiche, C'est la mattchiche !

La danse de Saint-Guy était une mattchiche qui s'ignorait. L'obsession gagne de proche en proche...
Mais les vieux maîtres de notre danse française en demeurent confondus. Un de nos confrères de l'Éclair a eu occasion d'en causer, ces jours derniers, avec leur doyen, président d'honneur de l'Académie de danse, Desrat, fils de Desrat. Et il a trouvé un homme profondément affligé. Le cake-walk l'avait atteint dans sa fierté professionnelle, la mattchiche l'achève.
— Est-ce que la danse se mourrait, décidément ? lui demanda notre confrère.
— La danse ne meurt pas ; plût au ciel qu'elle mourût ; c'est pis, monsieur, répliqua-t-il, elle s'encanaille ! J'assiste, impuissant, chaque jour, à l'envahissement des mœurs délabrées de l'exotisme. Ces mœurs, les étrangers les répudient chez eux et se trouvent fort à l'aise de pouvoir les pratiquer chez nous. En toute connaissance de cause, je puis affirmer qu'au delà des mers, la haute société continue à s'adonner ardemment à notre poétique valse française et délaisse dédaigneusement le fastidieux boston. J'ai pu, jusqu'au dernier moment, avoir confiance en un revirement complet et salutaire ; mais je reste, malheureusement, déçu. Après l'indolent, le ramolli boston qui a porté à notre poétique valse un coup mortel, — ce boston, la danse des fatigués, des énervés de ce monde, — est venu le hideux cake-walk, convertissant nos jolies et pimpantes danseuses en grotesques Hindoues. La mesure n'était pas comblée ; voici la mattchiche ! Passe encore le cake-walk pour ceux qui ignorent le respect, de soi-même ; mais la mattchiche ! Non ! Jamais un professeur ne voudra se compromettre en l'enseignant. Que cette danse chaloupée reste dans les restaurants de nuit et sur les hauteurs de Montmartre. Qu'elle disparaisse honteusement là où elle est née.
« Halte là ! » lui crieront tous les professeurs vraiment dignes de ce nom ; et les barrières seront tenues solidement fermées par l'Académie des professeurs de France."


La revue termine en offrant une partition de La Mattchiche, avec cette mise en garde ironique :
"En attendant, puisque tout le monde parle de cette nouvelle danse, vous pourrez, au moins, en avoir un aperçu, grâce au motif principal et aux « figures» que nous publions dans notre Supplément. Mais fasse le ciel que cela ne vous donne pas envie de l'apprendre !..."

Annales Politiques et Littéraires 26/11/1905



Sources : Gallica et Archives de Paris en ligne