mardi 22 mai 2018

Marie et Adolphe Debrière, à Amiens



Adolphe Debrière compositeur de musiques de danses de salon chorégraphiées par son épouse Marie Hesteau.



source : Gallica


Jacques Debrière, père d'Adolphe, est né en 1819 à Limons en Auvergne. Il est soldat musicien quand il se marie à Amiens en 1846 avec Marie Niquet. Son épouse meurt six ans plus tard, ils ont une fille, Céline née en 1844, dont je n'ai pas retrouvé la trace. Jacques se remarie à Amiens en 1853 avec Zoé Deliège, il est professeur de musique, domicilié 6 place Saint Denis où nait Adolphe le 4 mai 1854. On ne sait rien de la formation musicale d'Adolphe, il l'a probablement reçue de son père qui décède en 1891, 32 rue Caumartin, par contre on sait qu'il aime les voyages. En 1882, il est domicilié à Orléans, 32 quai St Laurent et exerce la profession d'artiste lyrique. Il dirige une troupe artistique qui se produit au Concert de la Chancellerie tenu par Alexandre Groléziat. En avril 1882 "M. Grosléziat, directeur du concert de la Chancellerie, a organisé dans son établissement, avec le concours de M. Debrière et  Armand, une souscription au profit des familles des naufragés du Havre. Il a été recueilli une somme de 45 francs, qui a été envoyée immédiatement à destination". le 25 mai on apprend que les directeurs s'associent pour ouvrir un café-concert qu'ils nomment simplement Chancellerie-Concert "La foire du Mail possèdera un véritable café-concert, qui s'intitule Chancellerie-Concert, et sera dirigé par MM. Grosleziat et Debrière et administré par M. Armand. Outre MM. Armand, Laurent, Borrus et Léon, Mlles Andrée Briedge, Paola, Delabouère et Sylvia, chanteurs et chanteuses en différents genres, M. et Mad. Dorfini, couple d'opérette, Mlle Dora, chanteuse d'opérette et travestie, la troupe comprend M. Fruton, un équilibriste aérien des Folies Bergères et des Ambassadeurs, et Miss Louisa Patti, danseuse américaine. Avec de tels éléments, le succès de Chancellerie-Concert est assuré".
Adolphe se fixe à Orléans, en 1884 il épouse Marie Hesteau, née à Chateau-Gontier (Mayenne) en 1855. Le Journal du Loiret relate les nombreux concerts auxquels participe Adolphe Debrière, d'abord comme accompagnateur au piano, puis rapidement comme chef d'orchestre de l'Alliance Musicale d'Orléans. En mai 1886, les époux Debrière reprennent un fonds de commerce de café-limonadier, le Café du Martroi situé au 14 de la place du Martroi. Mais en janvier 1887, Adolphe fait une déclaration de faillite et son épouse obtient une séparation de biens.



Orléans, place du Martroi



Adolphe reprend la baguette de la Lyre Orléanaise et continue d'accompagner au piano les nombreux concerts qui sont organisés dans la région, à Saint Péravy la Colombe, Patay, Meug et Jargeau. Le 11 avril 1889 il est le chef d'orchestre de l'Union Orléanaise, c'est sa dernière prestation, car on ne relève plus de mention de sa présence à Orléans dans la presse. Seul l'annuaire nous confirme son domicile vers 1890, 261 rue de Bourgogne.
Le couple s'est-il réconcilié ? Car il réapparaît à Amiens vers 1891/92, où sont publiées plusieurs partitions, ils sont alors domiciliés 40 rue Caumartin. En 1895, Eugène Giraudet, dans son Traité de la danse, nous précise qu'Adolphe et Marie sont domiciliés à Amiens, 32 rue de l'Amiral Lejeune, et à Abbeville, 7 rue St Gilles. Les recensements de 1903 et 1911 nous donnent le même domicile à Amiens. Son épouse est mentionnée comme professeur de danse à la même adresse. Adolphe décède à Long (80) le 3 avril 1919.
Durant son séjour à Orléans Adolphe Debrièrel a beaucoup composé et interprété ses œuvres. Grace aux programmes détaillés publiés dans la presse j'ai pu en relever les titres. Il a également édité plusieurs de ses compositions, dont une seule est conservée à la BNF. Son épouse en a chorégraphié une dizaine : Célèbre Berline, l'Eolienne, La Japonaise, Mondaine-Berline, La Moscovite, le Nouveau Lancier, Le pas de Huit, le Pas de Trois, La Tarentelle des salons et la Volta. La théorie de La Japonaise est signée Jeanne Debrière, je n'ai pas pu l'identifier, de même plusieurs partitions éditées à Amiens, ont pour compositeur un Jean Debrière, domicilié 40 rue Caumartin, dont je n'ai pas pu établir le lien avec Adolphe.
Marie Hesteau se remarie en 1920 avec François Peltier, ouvrier terrassier au Chemins de Fer du Nord, né à Cambon (80) en 1877. Le couple tient un restaurant sur la place du village. Je n'ai pas  encore trouvé son décès.

Christian Declerck

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Les œuvres d'Adolphe et Marie Debrière


Abandonnée, valse (ca 1900)
Air varié (1885)
Allegro (1885)
Allegro final (1887)
L'Anneau d'or, ouverture (1887)
Atchi, polka originale (1888)
Au temps jadis, pot pourri (1887)
L'Alliance, fantaisie marche (1887)
L'Alliance musicale, ouverture pour orchestre (1884)
L'Alliance Orléanaise, fantaisie-ouverture (1885)
L'Assommoir, ouverture pour orchestre (1884)
Les Baisers, mazurka (1888)
Boule de gomme, polka (ca 1893)
Bouquet d'orties, fantaisie polka (1885)
Le Carnaval d'Orléans, fantaisie (1887)
Le Caprice, fantaisie mazurka (1884)
Célèbre berline, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900, 1928 ?)
Ce n'est rien !!!, grand quatuor, paroles et musique de Debrière (1887)
Chanson bretonne, fantaisie pour hautbois (1889)
Les chants d'autrefois, les chants d'aujourd'hui, comparaison musicale (1887)
Les Charmes de la vie, fantaisie pour piano (1886)
Cœur de marbre, valse (ca 1893)
Coupe brisée, polka (ca 1893)
Dans les blés, chanson valse (1885)
Dans tes bras (ca 1893)
Dépêches de Guillaume à sa chère Augusta, chansonnette, paroles de MM. X*** et Calland (ca 1870)
Dis toujours, polka (ca 1900)
Divertissement sur le piano (1887)
Douce nuit d'Italie, fantaisie pour piano (1885)
Doux regard, mazurka (ca 1893)
Drôlatique, polka pour xilophone (1887)
En Crimée, marche et retraite (1886)
L’Eolienne, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
La Fête des musiciens, fantaisie  (le réveil, entrée de la fanfare, cris de joie, prière, scandale à l'Orchestre, marche de Ste Cécile) (1885)
Fantaisie arabe (1885)
Faust, fantaisie pour piano (1888)
Fleur d’amour, valse (ca 1900)
Fleur des genêts, villageoise (1887)
Gigue française (ca 1900)
Grande symphonie (introduction, le chant du troubadour, ronde enfantine, la France qui parle, l'orage, prière, chant de guerre, départ des soldats) (1888)
Gracieux sourire, mazurka (ca 1900)
L'Ile-Arrault, fantaisie inédite (1885)
In-extremis, chanson (1885)
Jeanne d'Arc, polka (ca 1893)
La Japonaise, gavotte valse, théorie de Mme Debrière, directrice de l'Ecole Chorégraphique d'Amiens, théorie de Jeanne Debrière (ca 1900)
Jolie Picarde, schottisch (ca 1900)
La Lyre, marche (1887)
Ma Jeanne, grande valse inédite (1887)
Marche (1885)
Marche finale (18889)
Marche du soldat (1885)
Mariette, schottisch (ca 1900)
La Marocaine (ca 1900)
Mi bémol, polka du Faulcon noir (1885)
Mondaine-berline, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
La Moscovite, nouvelle danse de salon avec théorie (ca 1893)
Le Mot de la fin, marche (1887)
Les Mystères de la valse (1886)
Les Nations, pot pourri (1885)
Le Nouveau Lancier, nouveau quadrille anglais avec théorie (ca 1893)
Olivert aller et retour, fantaisie (1887)
L'Orléanaise, marche de la Lyre (1887)
L'Ouverture du Fileur (1888)
Le Pas de huit,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Le Pas de trois,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Pauvre Jacques, ouverture (1888)
Premier baiser, impromptu (1884)
Rêve du printemps, pour piano et orchestre (1888)
La Révolte aux enfers, fantaisie originale inédite (1885)
Les Solistes, air varié (1887)
La Saint Hubert, symphonie en trois parties, paroles de P. Lamané (1889)
Simple comparaison, paroles de Benistand, musique de M Debrière fils, chez Debrière à Amiens, (ca 1870)
Sous le marronnier, chanson, paroles et musique de Debrière (1887)
Souvenir de Béranger, ouverture pour orchestre (1884)
Sur le Loiret, barcarole (1884)
Les Systèmes Balandard, chansonnette comique (1885)
Tarentelles des salons,  avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Tête à tête, polka (ca 1893)
Tu seras soldat, pas redoublé, Hommage au lieutenant Lavisse du 8e b[ataill]on de chasseurs". Amiens (1893)
Valsez ma belle (ca 1900)
Le Vendômois (1884)
Vers toi, mazurka (ca 1900)
La Volta, avec théorie de Mme Debrière (ca 1900)
Xylophone, polka (1887)





collection personnelle





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